SÉMIRAMIS, AGÉNOR
SÉMIRAMIS
Invincible héros, seul appui de mes jours,
A quel autre aujourd'hui pourrai s-je avoir recours?
Je viens de pénétrer le plus affreux mystère.
On me trahit, seigneur, et le traître est mon frère.
Cette austère vertu dont se parait l'ingrat
Ne servait que de voile au plus noir attentat.
Comblé de tant d'honneurs, ce perfide que j'aime
De mes propres bienfaits s'arme contre moi-même ;
C'est lui dont la fureur, séduisant mes sujets,
M'en fait des ennemis déclarés ou secrets.
L'auriez-vous soupçonné d'une action si noire?
AGÉNOR
D'un prince tel que lui vous devez peu la croire.
SÉMIRAMIS
Seigneur, il n'est plus lemps de le justifier : Il ne faut plus songer qu'à le sacrifier. Ma tendresse pour lui ne fut que trop sincère ; Je n'en ai que trop fait pour cet indigne frère ; Malgré moi ; car enfin ce n'est pas d'aujourd'hui Que mon cœur en secret s'élève contre lui. Si vous saviez quelle est la fureur qui le guide, Et tout ce qu'en ces lieux méditait le perfide! lien veut à vous-même, à mon trône, à mes jours. Si de tant de complots vous n'arrêtez le cours. Mourant, percé de coups par l'ordre de ce traître, Mégabise, seigneur, dans ces murs va paraître : Je le fais en secret apporter en ces lieux.
Madame, devez-vous en croire un furieux? Il est vrai qu'il accuse et Bélus et Madate.
SÉMIRAMIS
Vous voyez s'il est temps que ma vengeance éclate.
AGÉNOR
Il faut dissimuler un si juste courroux : Bélus est dans ces lieux aussi puissant que vous. Gardez-vous d'éclater: plusque jamais, madame, Vous devez renfermer vos transports dans votre Toutunpeuple, pourluiprêtàsedéclarer... [âme.
SÉMIRAMIS
Eh bien ! pendant la nuit il faut s'en assurer.