‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 264 sur 454 · NINIAS, SÉMIRAMIS, PHÉNICE · texte numérisé non relu

NINIAS, SÉMIRAMIS, PHÉNICE

SÈMIBAMIS.

Traître, que cherches-tu dans ces augustes lieux.?

NINIAS

La mort, ou le seul bien qui me fut précieux.

Ce que j'y cherche? Hélas! j'y viens chercher ma

J'y viens livrer un fils à. toute sa colère, [mère;

SÉMIRAMIS

Toi mon fils ! toi, cruel ! l'objet de ma fureur. Que je ne puis plus voir sans en frémir d'horreur Tandis que devant moi ton orgueil s'humilie, Je vois que tu voudrais pouvoir m'ôterla vie. Mais Ténésis retient un si noble courroux: Incertain de son sort, on tremble devant nous ; On vient livrer un fils à toute ma colère, Tandis qu'au fond de l'âme on déteste sa mère. Tu m'as plainte un moment, perfide! mais ton cœur S'est bientôt rebuté de ce soin imposteur. Juge si je puis voir, sans un excès de joie, Les douloureux transports où ton âme est en proie. Regarde en quel état un déplorable amour Réduit l'infortunée à qui tu dois le jour. Prive-moi de celui qu'à regret je respire : Ne t'en tiens point au soin de me ravir l'empire; Arrache-moi du moins aux horribles transports Qui s'emparent de moi malgré tous mes eliorts. Quoiqu'il ne fût jamais mère plus malheureuse, Mon sort doit peu toucher ton àrae généreuse. Dés que le crime seul cause tous nos malheurs, On ne doit plus trouver de pitié dans les cœurs.

NINIAS

Que le mien cependant est sensible à vos larmes!

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