‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 265 sur 454 · ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III

Que ce sont contre un fils de rerloutables aimes! Quel que soit le dessein qui m'ait conduit ici, Avez- vous pu penser que ce iils endurci, Déshérité des soins que la nature inspire, Ait voulu vous priver du jour ou de l'empire ? Ah! ma mère, souffrez, malgré votre courroux^ Que d'un nom si sacré je m'arme contre vous. Votre fureur en vain me le rend redoutable ; En vain on vous reproche un crime épouvanlable: Les dieux en ont semblé perdre le souvenir ; Je dois les imiter, loin de vous en punir. Rendea-moi votre cœur, mais tel que la nalure Le demande pour moi par un secret murmure, Ou je vais à vos pieds répandre tout ce sang Que mon malheur m'a fait puiser dans voire flanc. Rendez-moi Ténésis, rendez-moi mon épouse. Est-ce à moi d'éprouver votre fureur jalouse?

SKMIRAMIS.

Maiire de l'univeis, cen est trop ; levez-vous: Ce n'est pas au vainqueur à tléohir les genoux. Arbitre souverain de ce superbe empire, Quels cœurs à vos souhaits ne doivent point sous- Jugez si c'est à moi d'en relarder l'espoir, [crire? Puisque c'est le seul bien qui j este en mon pouvoir, Je vais sans différer contenter votre envie. Vous rendre Ténésis, mais ce sera sans vie.

Ah! si je le croyais...

SÉMIRAMIS

Je brave la fureur, Fils ingrat : mon supplice est au fond de mon cœur. Menace, tonne, éclate, elm'airacheunevie Que déjà tant d'hoireurs mont à demi ravie. Ose de mon trépas rendre ces lieux témoins. Te voilà dans l'état oîi je te crains le moins. Tes soins et ta pitié me rendaient trop coupable, I Et mon dessein n'est pas de te trouver aimable. Je fais ce que je puis pour exciter ta main A me plonger, barbare, un poignard dans le sein. Et qu'ai-je a perdre encore en ce moment funeste? La lumière du ciel, que mon âme déleste? La mort de mon époux, grâces à mes transports, N'est plus un attentai digne de mes reniords ; Et tu CI ois ni'elfrayer par des menaces vaines! Cruel 1 un seul regret vient accroître mes peines :

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C'est de ne pouvoir pas, au gré de ma fureur, Immoler à tes yeux l'objet de ton ardeur.

NINIAS

0 ciel! vit-on jamais dans le cœur d'une mère D'aussi coupables feux éclater sans mystère? Dieux, qui l'aviez prévu, fallait-il en son flanc Permettre que Ninus me formât de son sang? Que vous humiliez l'orgueil de ma naissance !

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