‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 275 sur 454 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

Le sang qu'ils piod iguaient pour celle augiislc mère N'a laissé dans son sein qu'un fils qui la révère; Et, tout muets qu'ils sont, ces marbres généreux Ne m'en disent pas moins qu'il faut l'être autant Rome ne me doit rien, et je lui dois la vie. [qu'eux,

PROBOS

Ainsi vous souffrirez qu'elle soit asservie ; Qu'un peuple qui vous a nommé son prolecteur Soit réduit à chercher un autre défenseur! En vain, fondant sur vous sa plus chère espérance, Rome vous élevait à la toute-psiissance : J'entrevois dans le cœur d'un fier patricien Les faiblesses de cœur d'un obscur plébéien; El c'est Catilina qui seul ici protège Un reste de sénat impur et sacrilège, Un las d'hommes nouveaux proscrits par cent dé- Quel'orgueilleuxSylladédaigna pour sujets; [crets, Disparu dans l'abîme où son orgueil le plonge, Les grandeurs du sénat ont passé comme un songe. Non, ce n'est plus ce corps digne de nos autels, Où les dieux opinaient à côté des mortels : De ce corps avili Minerve s'est bannie A l'aspect de leur luxe et de leur tyrannie. On ne voit que l'or seul présider au sénat. Et de profanes voix fixer le consulat.

Enfin Rome n'est plus, sans le secours d'un maître ; Et qui d'eux plus que vous serait digne de l'être? C'sar semb'e promettre un superbe avenir, Que peul-éLre moins jeune il osera tenir. Lucullus n'est plus rien, et son rival Pompée N'a pour lui qu'un bonheur où Rome s'est trompée. Crassus, plein de désirs indignes d'un grand cœur, Borne à de vils trésors les soins de sa grandeur. Cicéron, ébloui du feu de son génie...

Mais je veux respecter le père de Tullie. Pour Caton, je n'y vois qu'un courage insensé, Un faste de vertu qu'on a trop encensé. Le reste n'est point fait pour prétendre à l'empire. C'est à vous seul, seigneur, que j'ose le prinliie. Quelle gloire pour vous, en domptant les Romains, De pouvoir vous vanter au reste des humains Que sans avoir des dieux emprunté le tonnerre, Un seul homme a changé la face de la terre !

Ministre des autels, que me posez-vous ÎJ

iit CATILINA.

PROBOS

La gloire de bien faire et le salut de tous;

Ce qu'un grand cœur, flatté de cet honneur suprême,

Aurait dû dès longtemps se proposer lui-même.

CATILINA

Ah! Probus, je l'avoue, une si noble ardeur Porte des traits de feujusqu'aufondde mon cœur; Je sens que, malgré moi, mes scrupules vous cèdent. PROBDS. [dent:

Hé bien! qu'à ce remords de prompts effets succè- D'armes et de soldats remplissons tous ces lieux. Où le sénat impie ose troubler mes dieux : Dans un sang ennemi... Mais j'aperçois TulUe.

Ne vous éloignez point, cher Probus, je vous prie. J'ai besoin de conseil dans le trouble où je suis, Et je vous rejoindrai bientôt, si je le puis.

(Probus se retire dans le fond du théâtre.]

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