‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 29 sur 454 · SDR SA VIE ET SES OUVRAGES. XLI · texte numérisé non relu

SDR SA VIE ET SES OUVRAGES. XLI

« jours, et le rituel de Paris le leur défend. S'ils ne « jouent pas, on les met en prison; s'ils t'ont leur de- « voir, on les jette à la voirie. »

Cet incident, fort pénible pour les comédiens, mais non moins blessant pour les hommes de lettres et pour l'Académie française, n'eut guère de retentissement hors des cercles privés et des correspondances secrètes ; on s'entendit pour l'étoutFer ; il n'y est pas fait la moindre allusion dans le récit officiel de la cérémonie de Saint-Jean de Latran, publié dans le Mercure par un de ses concessionnaires privilégiés, M. de Lagarde, censeur royal (celui que Marmontel, son prédécesseur spolié, appelait Lagarde-Bicêtre). Presque tous les biographes de Crébillon l'ont passé sous silence (l).

Il en fut de même à la Cour, où l'on tint ces incidents comme non avenus. Crébillon avait été inhumé sous les charniers de l'église Saint-Gervais (2). Le roi Louis XV voulut qu'un monument lui fût élevé aux frais de sa cassette, hommage bien rare, que le marquis de Marigny s'empressa de transmettre à Crébillon fils par la lettre suivante : « Le Roi vient « d'accorder. Monsieur, à la mémoire de feu M. de « Crébillon, votre père, une marque bien signalée du « cas que Sa Majesté a fait des rares talents de ce « grand homme. Elle m'a ordonné de faire faire un a tombeau dans l'église où il a été inhumé, qui trans- « mette à la postérité Ja plus reculée l'estime parti- « culière dont l'honorait son Roi. Je vous apprends « avec plaisir ce glorieux événement, qui va lui don- « nerune nouvelle vie. »

L'exécution du monument en marbre fut confiée

(1) Les temps sont chaugés. Au momeut où j'achève celte notice, le vénérable curé de Saint-Roch se prépare à faire célébrer un service solennel dans son église paroissiale en l'honneur du deux centième anniversaire de la mort de Pierre Corneille, et il Tient d'adresser à la Comédie- Française une lettre par laquelle il prie les comédiens « de vouloir bien lui faire l'honneur d'y assister ».

(2) « A été inhumé sous les charniers de cette église, Prosper Jolyot de Crébillon, écuyer, l'un des Quarante de l'Académie françoise, et des Académies de Dijon et de Rouen, censeur royal et de la police, en présence de Claude Jolyot de Crébillon, écuyer, censeur royal, son fils, de M. Léandre Péaget, docteur régent de la Faculté de médecine en l'Université de Paris, ancien professeur desdites écoles, et ancien médecin du Roy au Chastelet de Paris, sob aeveu. » (Heg. d« Saiut-Gervais, dans Jal.)

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