‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 297 sur 454 · ACTE IV, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE I

Scipion, ce vainqueur du héros de Carthage ;

Scipion des mortels qui fut le plus chéri,

Par un vil délateur se vit presque flétri.

Alors la liberté ne savait pas dans Rome

Du simple citoyen distinguer le grand homme;

Malgré tous "ses exploits, le vainqueur d'Annibal

Se soumit en tremblant a votre tribunal.

Sylla vient, qui remplit Rome de funérailles,

Du sang des sénateurs inonde nos murailles.

Il fait plus : ce tyran, las de régner enfin

Abdique insolemment le pouvoir souverain,

Comme un bon citoyen meurtheureux et tranquille,

En bravant le courroux d'un sénat imbécile

Qui, charmé d'hériter de son autorité,

Eleva jusqu'au ciel sa générosité.

Et nomma sans rougir père de la patrie

Colui qui regorgeait chaque jour de sa vie.

Si vous eussiez puni le barbare Sylla,

Vous ne trembleriez point devant Catilina :

Par là vous étouffiez ce monstre en sa naissance,

Ce monstre qui n'est né que de votre indolence.

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