SCÈNE V
TULLIE
Espoir des malheureux, dieux, soyez mon recours!
Hélas! c'est de vous seuls quej'attpnds du secours.
A quel excès de maux me voilà parvenue !
On me fuit, on se tait : ô soupçon qui me tue!
Que je crains les malheurs de ce fatal décret
Que mon père a paru m'accorder à regret !
Loin d'oser sur ce choix lui faire violence,
Ne devais-je pas mieux pénétrer son silence?
J'entends avec fureur nommer Catilina :
On dit qu'il se retranche au palais de Sylla,
Tandis qu'en d'autres lieux il aurait dû paraître.
Est-ce là, s'il m'aimait, que lingrat devrait être?
Peut-il m'abandonner en cette extrémité ?
Quel usage fait-il de sa fidélité ?
Aucun de ses amis n'accourt pour ma défense;
Et tous, jusqu'à Probus, évitent ma présence.
D'un funeste décret n'aurais-je armé sa main
Que pourvoir immoler jusqu'au dernier Romain?
Cruel Catilina, soit perfide ou fidèle,
Que lu coûtes de pleurs à ma douleur mortelle !
Que dis-je? et Manlius, qu'il a sacrifié,
Ne l'a-t-il pas déjà plus qnejustiflé?
Ne l'aimerais-je donc que pour lui faire outrage?
Dieux, éloignez de moi cet horrible nuage.
On vient : c'est lui. Je sens redoubler mon efiBroi.