ACTE r, SCÈNE VII
Se repentirait-il de m'avoir couronné?
A peine ses bontés m'élèvent à l'empire, Que son cœur inquiet en gémit, en soupire. Privez-moi pour jamais d un rang si glorieux, Et me rendez, seigneur, un bien plus préiceux; Rendez-moi ces bontés et cet amour de père Qu'à tout autre bienfait Artaxerxe préfère. Mais quelle est mon erreur 1 Plût au ciel que mon Ne fît que soupçonner mon respect et ma foi! [roi J'aurais bientôt calmé le souci qui maccable. Que je crains bien plutôt qu'Amestris trop aimable. Avec une beauté qui l'égale à nos dieux, N'ait peut-être trouvé grâce devant vos yeux ! Car enfin, indigné de l'ardeur qui me presse. Je vous ai vu frémir au nom de la princesse. Seigneur, que ce silence iirile encor mes maux!
XERXÈS
Sans vous inquiéter du nom de vos rivaux. Ne vous suffît-il pas qu'à son devoir soumise Amestris à vos vœux soit désormais acquise? Elle ne dépend plus ni d'elle ni de moi : Son sort est dans vos mains ; je vous ai fait son roi. Je vous crois cependant Tàme trop généreuse Pour vouloir abuser d'une loi rigoureuse. Consultez Amestris ; elle mérite bien Que votre cœur soumis attende tout du sien. Si je l'aimais, du moins j'en userais de même; Et c'est ainsi qu'on doit disputer ce qu'on aime. Voyez-la, j'y consens; c'est vous en dire assez.
ARTAXERXE
Non, seigneur...
XERXÈS
C'en est trop : allez, et me laissez.
(Artaxerxe sort.)
Que je viens à regret d'alarmer sa tendrese! Que pour un fils si cher ma pitié s'intéresse! La princesse paraît... Que de pleurs vont couler Qu'à son aspect mon cœur commence à se troubler