SCÈNE VIII
AMESTRIS.
Juste ciel ! quel est donc ce terrible secret ? Quel orage nouveau contre moi se prépare? Quelle horreur tout à coup de mon âme s'empare? Je me sens accabler de trouble et de douleurs. Et malgré ma fierté je sens couler mes pleurs. Quoi ! ce héros, l'objet d'une flamme si belle. Ce Darius si cher serait un infidèle ! Malheureuse Amestris, voilà donc ce retour Pour qui de tant de voeux j'importunais l'Amour! Quoi ! tandis que pour lui ma folle ardeur éclate. Une autre à ses attraits soumet son âme ingrate ! Lui que j'ai toujours cru si grand, si généreux. Que l'amour me peignait au-dessus de mes vœux. Que j'égalais aux dieux dans mon âme insensée, Trahit donc tant d'amour? Ah, mortelle pensée! Mais que dis-je? Où mon cœur va-t-il s'abandonner? Et sur la foi de qui l'osé-je soupçonner? Sur la foi d'un cruel qui cherche à me surprendre,