ACTE I, SCÈNE II
Entre l'ami parjure ou le père homicide. 1 ne m'est plus permis d'accorder dans mon cœur Les droits de la nature avec ceux de l'honneur : L'une attend tout de moi, ma foi doit tout à l'autre. J'ai rempli mon devoir: dieux, remplissez le vôtre. Vous fûtes les garants des serments que je fis; Sauvez-moi du parjure, ou me rendez mon fils. Barbare Cassander, traître Néoptolème, Est-ce à vous que je dois livrer la vertu même? Frappez, dieux tout-puissants : c'est assez protéger Deux tyrans dont la foudre aurait dû me venger. Laisserez-vous Pyrrhus, votre plus digne ouvrage, En proie aux noirs projets de leur jalouse rage? Est-ce un crime pour lui que d'avoir mérité De^jouir comme vous de l'immortalité ?
Et n'est-ce point assez qu'une main parricide Ait terminé les jours de l'illustre ^acide ? Abandonnerez-vous son fils infortuné Au malheur qui poursuit le sang dont il est né? Non, il ne mourra point ; le mien en vain l'ordonne. Je dois tout à Pyrrhus, ma gloire, ma couronne Et la vie, et, pour dire encor plus pour un roi. Je lui dois d'un ami le secours et la foi : Il ne l'éprouvera légère ni perfide. [clide?
Mais qu est-ce que je vois? n'est-ce point Andro- Et que viens-tu chercher dans ces funestes lieux, Près d'un roi le jouet du sort injurieux?