SCÈNE II
GLAUCIAS, NÉOPTOLÈME.
GLAUCIAS.
Seigneur, vous triomphez : Androclide est défait. Je ne sais si sa honte est pour vous un secret; Mais SOUS vos lois l'Épire est désormais réduite: Cassander l'a soumise, ou plutôt l'a détruite. Je ne vous cache point les pertes que je fais, Et je vous viens moi-même annoncer vos succès. Le destin vous élève, et le ciel m'humilie: J'ai commandé longtemps, aujourd'hui je supplie. Voyons l'usage enfin qu'en nos succès divers Vous ferez du triomphe, et moi de mes revers. L'infortuné Pyrrhus n'est plus pour vous à craindre; Sans être trop humain, je croisqu'on peutle plain- La pitié sur ce point, dans un cœur irrité, [dre : N'a pas même hesoin de générosité.
J'ai protégé sans fruit ce prince déplorable : Tout s'arme contre lui, tout vous est favorable; Mais vous connaissez trop ma constance et ma foi, Pour croire que le sort soit au-dessus de moi. Je ne vous parle point d'une vaste puissance Qui vous fit si longtemps éprouver ma vengeance : A peine votre cœur se serait satisfait. Que vous savez assez quel en serait l'effet. Régnez donc, puisque ainsi le destin en ordonne; Sans remords et sans droit gardez une couronne Qu'un autre nommerait le prix de vos forfaits, Que je vais cependant consacrer par la paix. Je rends à Cassander la Macédoine entière : Tout ce que j'ai conquis sera votre frontière: Je n'armerai jamais en faveur de Pyrrhus, Et je consens enfin à l'hymfn d'Illynis. Je fais plus : je promets, seigneur, que votre vie