SCÈNE PREiAllÈRE
ÉRICIE, ISMÈNE.
ÉRICIE.
Tu combats vainement mon désespoir funeste : La plainte, chère Ismène, est tout ce qui me reste. Laisse-moi le seul bien des cœurs infortunés Que sous d'indignes fers l'Amour tient enchaînés. Lieux témoins de ma honte, et d'un perfide hom-
[mage Payé de tout mon cœur et suivi d'un outrage; Lieux où j'ai cru soumettre un héros à mes lois. Hélas ! je vous vois donc pour la dernière fois! Pardonne ces transports a mon âme éperdue : On me méprise, Ismène, et la paix est rompue. Nous reverrons bientôt, l'acier cruel en main, Fondre dans nos États un guerrier inhumain ; Et pour comble de maux, il faut partir, Ismène, Sans pouvoir contre lui faire éclater ma haine : Je fais pour le trouver des souhaits superflus. Inutiles transports ! je ne reverrai plus Ce cruel Hélénus que ma raison abhorre, Que ma gloire déteste, et que mon cœur adore... Ismène, je le vois. Ah ! mortelles douleurs ! Je succombe, et n'ai plus que l'usage des pleurs
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Fuyons ; n'exposons point au mépris d'un barbare Les faiblesses d'un cœur où la raison s'égare.