‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 390 sur 454 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

HÉLÉNUS, ÉRIGIE, ISMÈNE.

HÉLKNUS.

Près de voir succéder, peut-être pour jamais, Les horreurs de la guerre aux douceurs de la paix, Dans ce triste moment où votre âme irritée Contre un infortuné n'est (jue trop excitée, M'esl-il encor permis d'offrir à vos beaux yeux Un amant qui nfe peut que vous être odieux? Si je no vous croyais généreuse, équitable, Madame, je craindrais de paraître coupable ; Mais que peut craindre un cœur qui remplit son

[devoir?

Et qu'ai-je à redouter que de ne vous plus voit? Je ne vous dirai point que je vous aime encore : Malgré ce que j'ai fait, mon âme vous adore. Mes refus m'ont privé de l'espoir le plus doux. Mais n'ont point étoufl'é ma tendresse pour vous. D'un rigoureux honneur déplorable victime, Tendre amant sans faiblesse, et coupable sans cri- D'un vertueux effort touché sans repentir, [me. Mon cœur sent cependant tout ce qu'il peut sentir: El si, pour exciter le vôtre à la vengeance. Ma générosité lui parut une offense.

S'il a pu souhaiter de me voir malheureux, Non, jamais le destin n'a mieux rempli vos vœux.

ÉRICIE.

Que parlez-vous ici de haine et de vengeance? Non, ne redoutez rien de mon indifférence. Quel désespoir éclate ? ou que soupçonnez-vous. Pour oser vous Uatler d'un instant de courroux? Cessez de vous troubler d'une frayeur si vaine : C'est supposer l'amour que de craindre la haine ; Mais jusque-là mon cœur ne sait point s'enflammer. C'est aux amants chéris, seigneur, à s'alarmer.

HÉLÉNUS

Je sais que je dois peu ressentir leurs alarmes. Je craignais d'avoir fait une injure à vos charmes; Mais au rossenlimenl si mon cœur s'est mépris, C'est qu'il se crut toujours au-dessus du mépris.

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