‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 420 sur 454 · CI G É R 0 N · texte numérisé non relu

CI G É R 0 N

Eh bien ! si de son père La mémoire aujourd'hui peut vous ôtre encor chfre, Loin de rougir des biens qu'il répandit sur vous, Qu'un noble souvenir vous les rappelle tous. De ce nom si vanté ranimons la puissance. Et d'un fils malheureux embrassez la défense; Détruisons les tyrans et le triumvirat, Ou formons-en un autre appuyé du sénat. Qu'aux transports d'un ami votre vertu réponde ; Devenons les soutiens et les maîtres du monde, Mais ne le soumettons à notre autorité Que pour donner aux lois toute leur liberté.

LÉPIDE

De ce rare projet j'admire la noblesse : J'en conçois la grandeur, encor mieux la faiblesse. Je vois des généraux qui n'auront pour soldais Que des proscrits errant de climats en climats. Croyez-moi, Cicéron; voire unique espérance Est de pouvoir d'Antoine éviter la vengeance. Fuyez avec Sextus, ou fuyez avec moi.

Choisissez l'un de nous, et comptez sur ma foi ; Mais pour jamais de Rome il faut que je m'oxile. Pour la d«rnière fois, je vous offre un asile. Adieu.

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