SCÈNE VI CmCÉ, DORINE
DORIKE.
On est à moins inconsolable.
Quand à sa flamme il voit l'espoir ôté, Vous vous montrez à ses yeux plus aimable
Que vous n'avez jamais été ;
Et vous voulez qu'il soit capable
De souffrir le coup qui l'accable,
Sans se plaindre qu'on l'a quitté?
CIRCÉ
Qu'il s'en plaigne, qu'il eu murmure.
Je verrai ses ennuis d'un esprit satisfait. Pourvu qu'à réparer ce qu'on m'a fait d'injure.
Mon charme ait son entier elTet.
Le prince, en me voyant, ne m'a pas estimée
Digne de son attachement; Pour l'en punir, je veux en être aimée, Je veux que le plaisir de traiter fièrement
Ce qu'un imprévu changement Fera sentir d'ardeur à son àme enflammée,
Serve dans mon ressentiment
A venger ma gloire alarmée De n'avoir pu d'abord l'acquérir pour amant.
DORINE
Quand pour tacher à vous rendre sensible Vous le verrez à vos genoux.
Vous n'en croirez plus tant l'emportement jaloux,
Qui contre lui vous montre tout possible ; Et comme laisser vaincre un orgueilleux courroux. Est en amour quelque chose de doux.
Vous ne serez pas invincible.
CIRCÉ
Tu verras si ma gloire oublie à se venger Quand elle a reçu quelque outrage.
Mais il vient ; prenons un visage
Dont la douceur ait de quoi l'engager A m'ofTrirde ses vu'ux le plus soumis hommage.