SCÈNE VI CraCÈ, DORINE
CIRCK, à Fhrise et Astérie.
Laissez-nou S l'une et l'autre. Hé bien, Dorine, enfin, Ai-je assez rétabli ma gloire?
DORINE
Triompher du pouvoir divin, C'est emporter la plus haute victoire.
Mais, madame, Sylla...
CIRCK.
Quoi, Sylla?
DORINE
Dois-je croire Que vous ne plaigniez pas son malheureux destin?
CIRCÉ
Elle méritait peu ce que j'ai fait contre elle; Mais alors qu'on se venge on n'examine rien, Et fût sa peine encor mille fois plus cruelle, .Je doute que son cœur souffre autant que le mien. Pour hai'r, oublier un ingrat qui m'outrage. J'ai beau de ses dédains me peindre la fierté,
J'ai beau m'en faire une honteuse image, Malgré toute l'indignité Des refus où pour moi ma rivale l'eugagc, Mon cœur est plus à lui qu'il n'a jamais été. Je le l'ai déjà dit, Vénus sur moi se venge De ses feux par mon père autrefois découverts. Et puisque sous ses lois l'.Vmour exprès me range.
Plus d'espoir que mon destin change, Sans cesse, malgré moi, je traînerai mes fers. Tout ce que je puis faire en l'état déplorable Où me réduit un feu dont j'ai trop cru l'appas. C'est de cacher si bien le tourment qui m'accable.
Que Glaucus n'en jouisse pas.
Le voici qui vers moi précipite ses pas,
Voyons de quoi sa douleur est capable.