LE FESTIN DE PIERRE, ACTE III, SCENE III
Car j'aurai pour ma part plus de vingt mille écus; Bien dos gens me l'ont dit.
Vouz me rendez confus.
Pensez-vous que ce soit votre bien qui m'engage? Ce sont les agréments de ce charmant visage. Cette bouche, ces yeux; enfin, soyez à moi, Et je renonce au reste.
SGANARELLE
Il est de bonne foi.
Vos écus sont pour lui des beautés peu touchan- LÉoxoR. [tes.
J'ai dans le bourg voisin une de mes parentes Qui veut qu'on me marie, et qui m'a toujours dit Que si quelqu'un m'aimait...
D. JUAN
C'est avoir do l'esprit.
LÉONOR
Elle enverrait chercher de bon cœur le notaire; Si nous allions chez elle?
D. JUAN
Hé bien, il le faut l'aire.
Me voilà prêt, allons.
LÉONOR
Mais quoi, seule avec vous?
D. JUAN
Venir avecque moi, c'est suivre votre époux. Est-ce un scrupule à l'aire après la foi promise?
LÉONOR
Pas trop, mais j'ai toujours...
Vous verrez ma franchise.
LÉONOR
Du moins...
D. JUAN
Par où faut-il vous mener?
LÉONOR
Par ici.
Mais quel malheur!
D. JUAN
Comment?
LÉONOR
Ma tante que voici...
D. JUAN
Le fâcheux contretemps! Qui diable uousl'amène?
SGANARELLE
Ma foi, c'en était fait sans cela.
D. JUAN
Quelle peine!
LÉONOR
Sans rien dire, venez m'attendre ici ce soir, Je m'y rendrai.