‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1335 sur 1518 · LE FESTIN DE PIERRE, ACTE III, SCENE III · texte numérisé non relu

LE FESTIN DE PIERRE, ACTE III, SCENE III

Car j'aurai pour ma part plus de vingt mille écus; Bien dos gens me l'ont dit.

Vouz me rendez confus.

Pensez-vous que ce soit votre bien qui m'engage? Ce sont les agréments de ce charmant visage. Cette bouche, ces yeux; enfin, soyez à moi, Et je renonce au reste.

SGANARELLE

Il est de bonne foi.

Vos écus sont pour lui des beautés peu touchan- LÉoxoR. [tes.

J'ai dans le bourg voisin une de mes parentes Qui veut qu'on me marie, et qui m'a toujours dit Que si quelqu'un m'aimait...

D. JUAN

C'est avoir do l'esprit.

LÉONOR

Elle enverrait chercher de bon cœur le notaire; Si nous allions chez elle?

D. JUAN

Hé bien, il le faut l'aire.

Me voilà prêt, allons.

LÉONOR

Mais quoi, seule avec vous?

D. JUAN

Venir avecque moi, c'est suivre votre époux. Est-ce un scrupule à l'aire après la foi promise?

LÉONOR

Pas trop, mais j'ai toujours...

Vous verrez ma franchise.

LÉONOR

Du moins...

D. JUAN

Par où faut-il vous mener?

LÉONOR

Par ici.

Mais quel malheur!

D. JUAN

Comment?

LÉONOR

Ma tante que voici...

D. JUAN

Le fâcheux contretemps! Qui diable uousl'amène?

SGANARELLE

Ma foi, c'en était fait sans cela.

D. JUAN

Quelle peine!

LÉONOR

Sans rien dire, venez m'attendre ici ce soir, Je m'y rendrai.

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