‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1367 sur 1518 · TRIOMPHE DES DAMES · texte numérisé non relu

TRIOMPHE DES DAMES

COMKDIE MELEE DOUNEMENTS

AVEC L'EXrr.ICATIOX DU COMIiAT A LA BARIIIÈRE , KT DE TOUTES LES DEVISES

REPRÉSENTÉE PAU LA TROUPE DU ROI, ÉTABLIE AC FAL'nOCRG SALNT-GERMALN KX 1676 Sl'R LE TIIÉAÏUE DE L.V RUE GUÉNÉGAUD

PEUSUNXAriES ACTEURS

AMIXTE. j I MmcDEcniE.

ISAIÈNE, > sœursetniècesdu barnii. ' mi»? dk molière.

FANCHON. ) ! L\ PETITEM.DU PIX.

ANGÉLIQUE, autre nièce du baron. . . . m"* du choisy. CLARISSE, détjuisee en liomme sous It^

nom d'Oroute yime du pin.

LUCILE, suivante de la mère d'Aminte et

d'Ismène m""> loysillon

LE BARON, tuteur d'Angélique m. du croisï.

PERSONNAGES acteurs

DORANTE, amant d'Ismène m. de la grange.

LE CAPITAINE, amant d"Aminte m. hudert.

DAMIS. amant d'Angélique h. dauvilliers.

LA MARIEE M^e dauvillikbs.

DORIMÊNE. femme du bel air m^c de la grange

COLIN, le marié m. d'etriché.

GROS-JEAN, père de la mariée m. de rosihoxt

PERRETTE, mère du marié m. du pi\.

M. TIGNOLET, bourgeois niais m. de verneuil.

•le ne doute point qu'on soit surpris d'abord du titre que porte cette comédie ; on n'en connaîtra la raison, qu'en voyant, dans le cinquième acte, le combat à la barrière qui s'y fait a l'avantage des dames. Si je le fais faire dans une salle du château du baron, ce n'est que sur l'exemple de plusieurs carrousels qui ont été faits autrefois de cette manière. II ne faut qiie lire ce qu'en écrit le Père Ménestrier, dans son traité des tournois. ' Il s'en fait, dit-il. dans de grandes salles, et Charles « Emmanuel, duc de Savoie, en tit un de cette sorte pour " divertir les ambassadeurs de divers princes qui devaient '. assister au baptême de son fils aine. -> Et dans un autre endroit : « Ces carrousels se font à pied, ou à cheval, quand la f salle est si vaste et tellement à fleur de terre que les che- H vaux y peuvent aisément entrer, et faire leurs comparses. » Ceux qui croient qu'on ne combat point à la pique à pied, ne songent pas qu'il y a de la différence entre la pique et la lance pour laquelle on doit toujours être à cheval. Le combat à la barrière qui se fit à Barcelone pour la naissance du roi d'Espagne à présent régnant, était dans une salle où l'on rompît plusieurs piques; pt. en 1671, on en fit un en Bavière aussi dans une salle avec plusieurs quadrilles, pour célébrer le jour de la naissance de l'ÉIectrice, sans beaucoup d'autres qui se sont faits de la même manière en Savoie. En iOo*,il se fit, dans la salle du Petit-Bourbon, au ballet des noces de Thétis et de Pelée, un combat A la barrière qui fut trouvé si beau, que tous ceux qui le virent en furent charmés, quoiqu'il n'eut ni sujet, ni cartels, ni machines, et qu'il fut seulement un simple Jeu guerrier où les chevaliers de Thessalie faisaient paraître leur adresse. Le caractère qu^ j'ai donné au baron, d'un homme entêté des spectacles de l'antiquité, m'a fait naître le dessein de faire voir un combat dans toutes les règles, et d'y ramasser tout ce que j'ai trouvé de plus galant dans plusieurs autres. Les machines en étaient toujours, c'est pour cela que j'en aï

mis ici. en faisant paraître la Fidélité dans son char; mais je n'en ai voulu mettre que dans uu seul quadrille pour ne pas trop embarrasser le théâtre. Je sais qu'on y faisait entrer la musique, et souhaiterais fort n'avoir pas été obligé de pécher contre cette règle. Je me suis particulièrement attaché à les observer toutes, afin de pouvoir donner au public quelque chose qu'il n'eût point encore vu. parce qu'en France on passe ordinairement par-dessus les règles en faveur de la magnificence efdes grandes dépenses qu'on fait pour les spectacles. A l'égard des devises qui sont toutes à la gloire du beau sexe, je ne les prétends point donner pour régulières, et je me suis servi pour m'en dispenser du raisonnement du P. Ménestrier dont voici les paroles : « La plupart de ces devises ne parai- « tront guère justes à ceux qui les voudront mesurer aux règles <* sévères des devises académiques que tant de maîtres ont « données : mais il faut à mon sens distinguer entre ces devises « ingénieuses qui se font avec art et méthode par des profes- « seurs et des savants, ces devises cavalières qui se font par « des gens d'épée, lesquels se contentent souvent d'exprimer « leurs pensées et leurs desseins d'un air libre et dégagé, sans '< s'assujettir â tant de règles que les spéculatifs et les dïstil- II lateurs des quintessences ont établies quelquefois sur leurs « piu-es rêveries avec plus de couleur que de raison. J'approuve « leur exactitude pour ces sortes d'inventions, quand elles « doivent être proposées pour exemples et pour modèles, et « quand elles doivent servir à des assemblées de savants ; >y mais je ne voudrais pas traiter avec la même rigueur ce qui « sert dans les carrousels, dans les tournois et dans les « joutes, où il n'est pas jusqu'aux rébus et aux chiffres parlants '< qui ne soient de bonne grâce, et qui souvent ne v.iillent (. mieux que ces devises épurées qu'on fait passer cinq ou six '< fois sous l'examen sévère d'une académie, -i

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LE TRIOMPHE DES DAMES, ACTE I

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