SCÈNE IV LÉONOR, GLZMAN
LÉONOR
Guzman, que j'ai dansl'àme un déplaisir profond! On rit...
Hé bien, riez comme les autres font.
C'est contre le chagrin un souverain remède.
LÉÛNOll.
Si l'on rit, c'est du feu dont l'ardeur me possède; Et pour te découvrir le secret de mon cœur. Le traître don Alvar se rit de ma langueur. Mais, Guzman, tire-moi de mon inquiétude, Qui le peut obliger à cette ingratitude? Car tu sais jusqu'ici qu'il m'a voulu du bien.
GUZMAN
A vous dire le vrai, ma foi, je n'en sais rien.
LÉONOR
Toi, qui m'as tant de fois découvert sa pensée Quand de quelque soupçon j'avais l'àme blessée. Tu ne me réponds rien aujourd'hui là-dessus?
GUZMAN
Je la savais alors, mais je ne la sais plus.
LÉONOR
11 se cache de loi ?
GUZMAN
Bien plus qu'à l'ordinaire.
LÉONOR
Mais celle nuit eucor, ce qui me désespère,
DON lîEUTllAND DE CIGAIUIAL, ACTE V, SCÈNE VI.
L'ingral s'est voulu rendre à l'assicriialioii, M'a fait un enlrclien rempli de passion : Cependant aujourd'hui, pour me couvrirde houle, Il veut faire passer tout cola pour un tonte, Il dil qu'il n'eu est rien.
GUZM.\N.
C'est fort mal fait à lui.
l.ÉOXOIÎ.
Cet outrage cruel redouble mon ennui; Car pourquoi dénier un point si véritable?
GUZMAX.
Tout vilain cas. dit-on, fut toujours reuiable; Mais vous parler de nuit n'est point un vilain cas.
LKÛNUll.
Isabelle sans doute a pour lui trop d'appas,
Et moi... Mais don Félix à grands pas se promène, j
GUZM.iN.
Je cours à don Alvar témoigner votre peine, j
Et si l'on veut m'en croire, allez, tout ira bien.
LliONOR. 1
Parle de ton côté, je vais parler du mien. ]