‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 191 sur 1518 · D. GARCIE, D. BERTRAND, D. ALVAR, ISABELLE, JACLM'E, GUZMAN · texte numérisé non relu

D. GARCIE, D. BERTRAND, D. ALVAR, ISABELLE, JACLM'E, GUZMAN

D. BERTRAND

Or SUS, futurs époux, Vous promettez-vous pas une foi réciproque?

D. GARCIE

Mon gendre don Alvar?

D. BERTRAND

Ah ! don .Vlvar vous choque?

Qu'y trouvez-vous à dire? Il est beau, doux, bénin, D'assez belle encolure, et de plus, mon cousin. Cette qualité seule est assez noble et haute; Il est vrai qu'il est gueux, mais ce n'est pas ma faute Son père avait du bien jadis, et...

D. GAHCIi:.

Brisons là, Il n'est pas maintenant question de cela. Vous m'avez demandé ma fille en mariage?

t D. BERTRAND.

Ou i,maisje n'en veux plus puisqu'elle n'est pas sage, Elle aime mon cousin, mon cousin l'aime aussi; Qu'il l'épouse s'il veut, j'en prends peu de souci.

D. ALVAR, à D. Bertrand qu'il lire à quartier.

Je pourrais la connaître, et la trouver charmante? Je pourrais soupirer pour une extravagante, Qui s'ose imaginer qu'au péril de mes jours J'ai su contre un taureau lui prêter du secours?

D. BERTRAND

Quoi, cela n'est pas vrai?

D. ALVAR

Non, c'est pure folie Qui lui met en l'esprit qu'elle me doit la vie, Et cela va si loin, qu'enfin il m'a fallu Accorder malgré moi tout ce qu'elle a voulu, Et flatter son esprit de quelque espoir frivole.

GUZMAN, « D. Bertrand.

Je vous l'avais bien dit, monsieur, qu'elle était folle.

D. BERTRAND

Ah! Guzraan, je croyais que tu m'eusses fourbe.

GUZ.MAN.

Vous voilà cependant sottement embourbé.

Cet obstiné vieillard n'enteud point raillerie.

D. BERTRAND, <1 D. Alvttr.

N'importe, épousez-la, cousin, je vous en prie.

Qu'en ferais-je sans bien?

D. BERTRAND

J'aime mieux tous les ans M'obliger par contrat à vous donner cent francs.

D. ALVAR

L'offre est avantageuse.

D. BERTRAND

Au moins il me le semble

D. GARCIE

C'est être trop longtemps à consulter ensemble. Je veux avoir réponse.

D. BERTRAND

Abl vieillard sans pitié.

D. GARCIE

En un mot, de vos biens donnez-lui la moitié, Je consens en ce cas qu'il l'épouse, s'il l'aime; Sinon, résolvez-vous à l'épouser vous-même, Je vous laisse le choix.

D. BERTRAND

La moitié de mon bien ?

Guzman, le cœur m'en saigne.

Page 1