SCENE IV FLORAME, ORONTE, CLITON
FI.ORAÎIE.
Ami, je suis heureux de vous avoir trouvé. Je vous cherchais partout.
ORONTE
Que veut de moi Florame?
FLORAME
Vous découvrir enfin les secrets de mon àme.
ORONTE
C'est intrigue d'amour?
FLORAME
Vous l'avez deviné.
Par mon père à l'hymen je me vois destiné, Et quoique je lui montre une àme irrésolue. L'affaire de sa part en secret est conclue : La personne est aimable, el d'illustre maison. Mais une autre beauté captive ma raison, Et quoiqu'un grand obstacle àcette amours'oppose. Mon cœur n'est plus à moi si Lucie en dispose.
ORONTE
Lucie?
FLORAME
Avec raison vous vous en étonnez.
CLITON, bas.
Voilà mon galant homme avec un pied de nez.
FLORAME
Cette vieille froideur qui m'éloigne du frère, Semble ôtcr à la sœur les moyens de me plaire : Mais qu'on s'obstine en vain à rejeter la loi De qui pour souverain ne reconnaît que soi ! L'amour par tyrannie obtient ce qu'il demande. S'il parle, il faut céder, obéir s'il commande; Et ce Dieu, tout aveugle et tout enfant qu'il est. Dispose de nos cœurs quand et comme il lui plaît ; Ainsi, malgré l'efTort d'une haine endurcie, Je n'ai pu résister aux charmes de Lucie, Quoique pour arriver au but oîi je prétends, Mon espoir le plus doux soit d'espérer au temps.
OIIONTE.
Sans doute que d'Éraste il lèvera l'obstacle. Il fait de plus grands coups.
FLORAM !•;.
J'en attends ce miracle.
Cependant chez Lucie un secret rendez-vous Ce soir oH're à ma flamme un entretien fort doux. Sa suivante au signal me doit ouvrir la porte : Ce lieu m'étant suspect, daignez m'y faire escorte; Aurez-vous ce loisir?
OKONTE.
Oui, je vous le promets.
Pour servir un ami je n'en manque jamais.
FLORAME
Je vous prendrai chez vous.