LE CHARME DE LA VOIX, ACTE V, SCÈNE V
LA DUCHESSE
Il faut que sur nos sens L'empire du devoir ait des droits bien puissants. En effet, quelque éclat qui brille dans votre ànie. Avant que Fédéric approuvât votre flamme, Je n'y remarquais point ces rares qualités Dont soudain son aveu m'a fourni les clartés, Et qui dans un instant par un pouvoir extrême, Vous rendent à mes yeux dilfércnt de vous-même.
LE DUC, bas.
A quel fâcheux tourment me va-t-elle exposer, S'il laut qu'elle s'obstiue à me favoriser?
LA DUCHESSE
Vous ne répondez point ?
LE DUC
Que puis-je vous répondre ; Sinon que vos bontés servent à me confondre ?
(0)1 entend encore le luth, et Fabrice va voir qui chante derrière le théâtre.)
Et que... mais malgré moi je me sens emporter.
C'en est trop. Pour ma gloire, il est temps d'éclater.
FÉXISE chante.
En vain vous me diriez que votre âme cliarmée D'un feu si pur est consumée, Que je la devrais soulager.
Il est doux de se voir aimée ; Jlais il est doux de se venger.
LE DUC. [traindre.
On m'a trompé sans doute. Ah ! C'est trop me coula DUCHESSE.
Levons le masque, duc, enlin c'est assez feindre. Je vous rends votre amour qui, pour ne rien cacher. Ne cherchant qu'une voix, ne saurait me toucher. Si l'espoir de ma main a pu flatter votre âme, Le ciel a pris plaisir d'abuser votre flamme, Et n'a sur ce faux bien arrêté votre choix, Qu'aflu de trouver lieu de vous l'ôter deux fois, Et vous faire avouer, trompant votre espérance, Que vous n'en méritez l'elTct, ni l'apparence ; C'est ainsi qu'il se rit d'un feu capricieux [mieux. Adieu. Vous répondrez quand vous m'entendrez