‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 404 sur 1518 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

FÉDÉRIC, JODELET, OCTAVE, gardes.

FÉDÉRIC

Soigneur, que vous en semble?

JODELET

Elle a dans sa personne Des traitsbien moins lions que celte autrelionne, J'y trouverais mon compte.

FÉDÉRIC

Enfin elle vous plaît; Avoucz-le, seigneur.

JODELET

Elle a plu, qui plus est. [mes.

Mais dites, gouverneur, dans lesiècle où noussom- Les princes aiment-ils comme les au très hommes? Je voudrais bien l'aimer dans la congruilé Que requiert en tel cas ma haule qualité.

FÉDÉRIC

Vos feux l'honoreront.

JODF.LET.

Me serait-i! loisible D'en faii'C le début par le concupiscible?

FEDERIC

Il faut y procéder suivant votre grandeur, La demander au roi par un ambassadeur.

Lui proposer la paix.

JODELET

Nous sommes donc en guerre ?

FÉDÉRIC

Oui, seigneur,votre bras plus craint que le tonnerre, Signalant votre nom en de fameux combats, A versé plus de sang...

JODELET

.\h ! Je n'en doute pas.

Je me suis plu toujours au carnage, aux alarmes, Témoin, vous le voyez, on m'a pris sous les armes. Puisqu'on m'arrête ainsi, le roi craint ma valeur.

FÉDÉRIC

Aussi lui cause-t-elle un assez grand malheur. Son favori tué...

JODELET

Qui l'a tué?

FÉDÉRIC

Vous-même.

JODELET

Ai-jc d'un assassin l'envisagement blême? Vous perdez le respect.

Apaisez ce courroux.

Il méritait la mort combattant contre vous, [toire C'est dans le champ d'honneur, c'est par une vic- Que son sang répandu redouble votre gloire ; Ne craignez point d'en voir l'éclat diminué.

JODELET

Ah! Puisqu'il est bien mort, c'est moi qui l'ai tué. J'y fais réflexion, oui, c'est moi, d'ordinaire Un prince dans la tête a bien plus d'une affaire; Et ne peut pas tenir si bon mémorial De ces menus hauts faits qui ne font bien ni mal.

FÉDÉRIC

Ce dernier à l'État semble être assez contraire; [re. Mais puisque la princesse a l'honneurde vousplai- Scigneur, par son hymen vous pouvez désormais Y voir céder la guerre aux douceurs de la paix.

JODELET

Point de guerre, la paix, pourvu que mon altesse Ne s'abaisse pas trop épousant la princesse, Car je suis Eédéric.

FÉDÉRIC

Elle est digne de vous, Vous ne sauriez mieux faire.

JODELET

Hé bien, je m'y résous.

Faites savoir au roi ma pensée amoureuse; Je lui promets lignée, et de la plus nombreuse.

FÉDÉRIC

Vous m'honorez, seigneur, par cet illustre emploi.

Allons donc boire ensemble à la santé du roi.

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