SCÈNE XI
LE ROI, FÉDÉRIC, ÉDOU-^RH, L.\l'RE, ENRIQLE, S.A.NCHE, JODELET, OCTAVE, suite.
FÉDÉRIC
Sire, c'est trop enfin pour une âme bien née, Aux yeux d'un si grand roi cacher ma destinée. Connaissez Fédéric et voyez en ce jour S'il faut punir son crime, ou payer son amour.
LE ROI
Vous êtes Fédéric ?
JODELET, bas.
Trêve ici d'incartade.
FÉDÉBIC.
Je n'en veux pour témoins que ma seule ambassade J'y parlais pour moi-même.
JODELET, bas.
A la fin je crains bien, D'avoir en même jour été César et rien.
LE ROI
Vous êtes Fédéric? Surprenante aventure!
JODELET, bas.
Tout ceci pour mon règne est de mauvais augure.
FÉDÉRIC
Je sais trop quelque espoir dont j'ose me flatter, Que la mort de Rodolphe y semble résister ; Mais si de cette mort votre courroux m'accuse, J'adore la princesse et c'est là mon excuse. J'ai cru qu'à trop d'orgueil il osait se porter, Soutenant que lui seul la pouvait mériter : Mon amour a voulu lui ravir cette gloire. Vous savez son malheur, vous savez ma victoire, Il pouvait tout prétendre appuyé de son roi ; Mais après que le ciel s'est déclaré pour moi. Si vous me refusez cette illustre conquête. Pour son sang répandu je vous offre ma tète.
LE ROI
Non,nou,quoi que Rodolphe ait sur moi de pouvoir, Je ne condamne plus un légitime espoir. J'ai voulu le venger et je l'ai fait paraître Quandj'ai cru son vainqueursi peu digne de l'être; Mais puisqu'enfin je sors de mon aveuglement. Pour arrhes de la paix soyez heureux amant.
Ah , sire, c'est beaucoup, mais l'ardeur qui me presse Ose ici demander l'aveu de la princesse.
LE ROI
Son cœur avec plaisir voit le vôtre charmé; Vous avez trop d'amour pour n'être pas aimé.
LAURE
Seigneur...