SCÈNE IV PHILOXÈNE, AR.WE
ARAXE
Que dit-elle, seigneur?
PHILOXÈNE
Ce qu'on ne saurait taire.
Qu'en vain cru fils de roi, j'ai Cléophis pour père.
AHAXI-;.
Cléophis, votre père!
PHII.OXÉNE.
Il n'est rien plus certain; Mais l'intérêt du roi presse un juste dessein. Allez, et l'assurez que pour dernier service Je lui rends un aveu qui perdait Bérénice.
ARAXE
Non, je me souviens trop de ce que je vous doi.
Pour faire moins pour vous que vous fîtes pour moi.
Philoxène cru prince en son amour extrême,
A la fille d'Araxe offrit un diadème;
Et par elle aujourd'hui je me tiens glorieux
De pouvoir réparer l'injustice des dieux:
C'est par ce billet seul qu'on la peut reconnaître.
Pour m'acquitler vers vous je vous en lais le maître;
Gardez ce grand secret, el, sans vous étonner.
Achevez un hymen qui vous doit couronner.
Vous êtes digne d'elle, et sans trop d'injustice...
PHILOXÈNE
Ah! C'est blesser ma gloire autant que Bérénice. Quand elle a droit au trône, un intérêt honteux Pourrait porter ma llamme à le rendre douteux? Non, si fille d'Araxe elle y monte sans peine. On la désavouerait femme de Philoxène, Et les grands indignés d'un trop injuste choix. Croiraient trahir l'État d'en recevoir des lois.
ARAXE
J'assure sa grandeur à vous en faire maître.
PHILOXÈNE
C'est ce que la Phrygie aurait peine à connaître.
ARAXE
Olons-lui le pouvoir de refuser son bien.
PHILOXÈNE
Couronnons Bérénice, et ne hasardons rien.
ARAXE
Mais, étant étranger, si l'on sait sa naissance, Quoiqu'ellcose pourvous, quelleest votre espéranl'iiu.oxKXi:. [ce?
La douceurd'un deslin qu'à tort vous m'envieriez, La voir au trône, Araxc, et mourir à ses pieds.
ARAXE
Quoi, je consentirais...
PHII.OXÈXE.
C'est trop vous en défendre.
.\dieu, moi-même au roi je saurai tout apprendre. Et mettre le secret hors de votre pouvoir.
ARAXE
Hélas, à quel aveu forcez-vous mon devoir !