‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 498 sur 1518 · SCÈNE IV PHILOXÈNE, ANAXARIS, IPHITE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV PHILOXÈNE, ANAXARIS, IPHITE

ANAXAIIIS.

Mon abord est suivi d'une étrange disgrâce, S'il porte Bérénice à me quitter la place.

THILOXiîNE.

Avant que de vous voir son dessein était pris.

ANAXARIS.

Je ne demande point si ses vœux sont remplis, Le ciel lui donne lieu d'être assez satisfaite.

PHILOXÈNE

Plus qu'on ne croit peut-être, et que l'on ne souhaite.

ANAXARIS.

Quoi, de votre bonheur se monlre-t-on jaloux?

PHILOXÈNE

La crainte suit l'amour, jugez de moi par vous.

ANAXARIS.

Pour faire que la mienne heureusement finisse, Puis-je de votre zèle attendre un bon office?

PHILOXÈNE. [ploi.

Dans l'heur de vous servir je trouve un doux em-

ANAXARIS.

Vous agirez pour vous en travaillant pour moi. Le roi pour votre hymen a choisi la journée Qui doit voir la princesse en pompe couronnée; Et, prévenant des vœux qui craignaient d'éclater, De l'espoir de sa main il daigne me flatter.

Philocléc y répond avec assez d'estime.

Le choix lui semble juste, et l'espoir légitime ;

Mais, pour y consentir, elle veut s'assurer

De la sincère foi que j'ai su lui jurer,

Et pouvoir se répondre avant qu'elle s'engage,

Qu'à son mérite seul je rends un libre hommage.

Vous, à qui de mou cœur le secret est connu.

Chassez du sien l'abus dont il est prévenu :

Assurez-la pour moi, que jamais dans une âme

L'amour ne répandit une si pure flamme.

Que son sceptre n'a rien qui me puisse charmer.

Qu'elle ne doit qu'à soi ce qui la fait aimer.

Et qu'à mes yeux enfin d'elle seule estimable.

Elle serait sans trône également aimable.

PHILOXÈNE

Que vous êtes heureux d'avoir ces sentiments !

La verlu les inspire au cœur des vrais amants.

PHILOXENE.

L'usage en est fâcheux.

ANAXARIS.

La gloire en est plus grande.

Mais obtiendrai-je enfin ce que je vous demande? Lui peindrez-vous ma flamme en fidèle témoin?

PHILOXÈNE

Sans mon faible secours le ciel en a pris soin. Il l'a mise en état de n'avoir rien à craindre.

ANAXARIS.

Est-ce que la princesse a pris plaisir à feindre. Et montre un faux scrupule afin de m'élonner?

PHILOXÈNE

Non, mais elle n'a plus de couronne à donner.

ANAXARIS.

plus de couronne? Ah, ciel! Que me fait-on enpiiiLoxÈNE. [tendre?

Qu'aujourd'hui Bérénice y peut seule prétendre, Qu'elle est fille du roi. Vous changez de couleur? Philoclée est sans doute à plaindre en son malheur; Mais ce doit être au moins un doux charme pour Qu'il lui demeure encore un amant si fidèle, [elle, L'amour a quelquefois des moments précieux, Je vous en laisse user.

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