‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 513 sur 1518 · LA MORT DE L'EMPEREUR COMMODE, ACTE I, SCENE IL · texte numérisé non relu

LA MORT DE L'EMPEREUR COMMODE, ACTE I, SCENE IL

Qu'à qui peut lui déplaire il en coule la vie, Quoi que pour son hyiiienvous m'inspiriez d'hor- Je dois pour Perlinax redouter sa fureur, [reur, Et ne pas m'exposer, par une vainc audace, A le voir sur un père étendre ma disgrâce.

UELVIE.

J'aurais tort de combattre un motif si pieux.

Hé bien, si vous voulez, il n'est qu'ambitieux; [tage Mais, quoiqu'on en présume, au moins j'ai l'avan- Que Rome avec plaisir m'apprête son hommage, Et semble triompher de pouvoir une fois Apjilaudir au tyran qui lui donne des lois. ISe désavouons point cette gloire éclatante, Pour mériter ses vœux remplissons son attente, Et dans ce grand dessein cherchons à réussir. Ou pour rompre ses fers, ou pour les adoucir. Tant qu'a vécu sa femme, on a vu sa prudence De ses emportements régler la violence ; Et peut-être, à mou tour, sur ce fai'ouche esprit, Si je tiens même rang, j'aurai même crédit.

HICLVIE.

En effet, sa fureur au meurtre toujours prête, Des meilleurs citoyens n'a pas proscrit la tête ; Mais n'avons-nous pas vu ce cruel empereur Tremper dès lors ses maiusdansle sang desasœur?

MARCIA

De cette indigne sœur l'orgueilleuse manie D'un injuste attentat fut justement punie : Lucilla conspirant crut trop sa passion, Et sa mort était due à son ambition.

HELVIE.

Ce sont belles couleurs pour fuir un juste blâme, Mais quiperd une sœur peut bien perdre sa femme; Et sur quelques soupçons, si j'en crois un bruit

[sourd, L'impératrice même, eut un destin bien court.

MARCIA. [vôtre,

Sur ces soupçons, ma sœur, vous poussez loin le Mais le destin d'autrui ne règle pas le nôtre; Et fût le précipice ouvert de toutes parts, 11 est beau de périr au trône des Césars.

HELVIE. [vaine,

Ce grand titre pour lui n'est plus qu'une ombre Tel qu'un gladiateur il descend dans l'arène ; Et jaloux de cet art qu'il croit justifier. Dans ce vil équipage il veut sacrifier. Avec sa lâche troupe il doit aller au temple ?

MARCIA

Je lui fis voir dès hier ce dessein sans exemple; Mais comme en son pouvoir il en trouve l'aveu. Qui veut le partager doit le combattre peu.

HELVIE.

Au moins, si je tenais cette gloire si chère. Dans son retardement j'aurais peine à me taire. Et voudrais que l'hymen, par un succès plus prompt, Épargnât à mon feu la crainte d'un alfront. A voir depuis quel temps l'empereur le recule, Sur l'offre de ses vœux on vous lient trop crédule,

Sa foi de sa constance est un faible garant.

MARCIA

Électus m'en répond par les soins qu'il me rend, Et s'empresserait moins à les faire paraître. S'il n'était assuré de l'esprit de son maître. Je l'ai prié pourtant, comme il peut tout sur lui, D'oser encor pour moi lui parler aujourd'hui ; Et d'ailleurs, ce qui rend mon espérance entière, Pertinax à Lsetiis fait la même prière. VoussavezqueCommode, estimant son grand cœur, Pour prix de ses exploits lui destine sa sœur ; Et dans le rang pompeux où cet hymen l'élève, Quoi qu'il veuille entreprendre, il n'est rien qu'il Il honore mon père, et le respecte en fils, [n'achève, Adieu. Je vais savoir ce qu'il aura promis.

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