‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 547 sur 1518 · SCÈNE I COMMODE, FLAVIAN, suite de l'empereur · texte numérisé non relu

SCÈNE I COMMODE, FLAVIAN, suite de l'empereur

COMMODE

Vient-elle cette aimable et fière criminelle Qui le promettait tout pour mieux tromperton zèle, Et n'a feint de céder à mon ardent amour. Que pour prendre son temps à me priver du jour?

FL.WIAN.

On va vous l'amener, seigneur ; mais j'appréhende Que jusqu'à s'applaudir sa fureur ne s'étende. Et que, loin que son crime étonne sa fierté, Elle n'ose à vos yeux en faire vanité. Chacun tâche à l'envi de lui faire connaître [tre, Qu'elle doit craindre en vouset son juge et sonmai- Qu'un peu d'abaissement peut tout pour son arrêt; On dirait à la voir qu'elle est sans intérêt. Un sentiment obscur qu'un vif dédain enflamme, Étale dans ses yeux tout l'orgueil de son àme. Elle en ose porter l'audace au plus haut point; Et, si vous m'en croyez, vous ne la verrez point.

COMMODE

D'abord surpris d'un coup si noir, si détestable. Je n'ai pu la souffrir, cette ingrate coupable ; Mais daus ce que sur moi ma flamme a de pouvoir. Tu me voudrais en vain détourner de la voir. Qu'on la laisse venir, il faut que cette vue Détermine en ses vœux mon àme irrésolue, El que ce fier objet qui m'a trop su charmer Achève ou de ni'aigrir ou de me désarmer.

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