SCÈNE I D. FABRIQUE, ISABELLE, CLARIN
D. FADRIQUE.
Madame, enfin cessez de vous inquiéter,
Un amour si constant n'a rien à redouter;
Et sans doute le ciel ayant uni vos <àmes,
Lèvera tout obstacle à de si belles flammes.
Don Félix avec joie appi'enant son erreur,
A soudain condamné sa jalouse fureur;
Et l'àpre déplaisir où son remords l'expose,
Ne le punit que trop du malheur qu'il vous cause.
Il sait mon aventui-e"?
D. FABRIQUE
Oser la déguiser, Eùt-ce été le moyen de le désabuser ?
Par respect toutefois j'ai tu le nom d'Elvire.
II tarde si longtemps que mon cœur en soupire : Tout me paraît à craindre en l'état où je suis.
D. FADRIQUE.
C'est qu'il cherche un remède à vos tristes ennuis : Au moins m'a-t-il parlé de voir une parente, De votre amour secret unique confidente, Chez qui vous assurer un refuge au besoin.
Déjà par Béatrix j'en ai su prendre soin; Je l'y viens d'envoyer.
D. FADRIQUE.
Si cela vous soulage, Sachons ce qui l'arrête, il ne faut qu'un message.
(A Clariii.)
"Va, cours chez don Félix, et lui dis de ma part...
CLARIN.
Moi, monsieur?
D. FADRIQUE
Qu'il se hâte.
CLARIN.
Il n'est pas encor tard, Monsieur, il va venir.
D. FABRIQUE
Et qu'il vienne en carrosse.
CLARIN.
Je n'ai qu'à m'apprêter, je vais être de noce.
D. FADRIQUE.
Que dis-tu ?
CLABIN.
Qu'il s'en va m'étriller haut et bas.
D. FADRIQUE.
Le maraud !
CLARIN.
Ah, monsieur, ne le connais-je pas?
Si pour i|uafre soufflets j'en pouvais être quitte...
n. FADRIQUF,.
Tu raisonnes encor?
CLARIN.
Non, c'est que je médite.
S'il n'est pointa propos que je coure au barbier L'avertir que je vais me faire estropier, Et qu'il ne quitte point d'aujourd'hui la boutique : J'espère lui donner assez bonne pratique.
D. FADRIQUE.
Prends garde qu'à la fin...
CLARIN".
Je crois que le voici.
Comme il frappe !
D. FADRIQUE.
Ouvre tôt. .Madame, entrez ici ; Et pour vous etpourmoi la surprise est à craindre.
{fsabelle enlre dans un petit cabinet.)
Mais que vois-je ! G malheur, que tu me rends à
[plaindre!