‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 615 sur 1518 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

HOÎSORIUS, STILICON, PLACIDIE.

LICILE.

HONORIUS

Ne crains rien, Stilicon, le péril est passé; Et la l'avour du ciel t'a conservé ce maître, Dont la niorl le livrait aux attentats d'un traître.

PLACIDIE

Ah, seigneur, vous vivez!

STILICON

Seigneur...

HO.NORIUS.

Embrasse-moi ; Je dois cette tendresse à ton zèle, à ta foi, Ton devoir dans ton fils m'offrait une victime...

PL.\CIDIE.

Pour ce coupable fils oublierez-vous mou crime. Seigneur? Dans son forfait mou esprit partagé...

HÛNORIUS.

Ah! Vous seule, ma sœur, eu avez bien jugé, Il était innocent; et jamais imposture N'avait fait soupçonner une vertu si pure.

PLACIDIE

Quoi, ce n'est pas pour lui qu'à hauts cris décla- HONORius. [rés...

Son nom s'est fait ouïr parmi les conjurés; Mais on l'a vu bientôt, contre leur espérance, Au.x dépens de leur sang prouver son innocence.

SIIHC.O.\.

Mon fils n'est point coupable! Ah! Permettez, sei- Que je coure jouir d'un si rare bonheur, [gneur, Qu'en ses embrassements...

HO.NORIUS.

Tu le vas voir paraître.

Demeure.

PLACIDIE

Mais, seigneur, connaissez-vous le traître? Pour qui conspirait-on?

HONORIUS

C'est ce qu'on va savoir Par ceux des assassins qui sont en mon pouvoir; Du ciel dans leur défaite admirez la justice. Ils voyaient à leurs vœux l'occasion propice, Dans les nouveaux souijçons qui m'avaient alarmé. Seul avecque ton fils je m'étais enfermé; Mais ils ne savaient pas que dans la juste crainti' Dont on a vu pour moi l'impératrice atteinte, Dos pluszéles des miens quelque nombre sans bruit Par son appartement dans le mien introduit, Dans mon cabinet même armé pour ma défense, Contre la trahison faisait mon assurance. Marcellin par mon ordre au dehors demeuré, Était trompé lui-même, et l'avait ignoré; Et n'ayant avec lui ([ue deux des siens poursuite A me laisser périr voyait sa foi réduite; Lors qu'entiés en tumulte, et leurs indignes cris Nous ayant fait songer à n'être point surpris,

De Marcellin à peine ils bravent l'impuissance, Qu'il nous voit tout à coup sortir à sa défense. Ce secours imprévu les ayant étourdis, Fait d'abord à nos pieds tomber les jilus hardis, L'effroi suit aussitôt leur attente trompée; Et ton fils de l'un d'eux ayant saisi l'épée, Les yeux étincelants d'une illustre fureur, « Quoi, vive Euchérius, et meure l'empereur. Traîtres? » Et de l'effet la menace est suivie. Son bras nallaquc point qu'il n'en coûte une vie, Il pousse, il frappe, il tue; et parde si grands coups. L'avantage du nombre est tout entier pour nous. C'est alors que cédant à l'ardeur d'un beau zèle, " Pour des lâches, "dit-il, «cette mort est tropLi^llc, Nos mains à trop d'entr'eux ont ouvert le toinboau; Réservons ce qui reste à celles d'un bourreau. Sous l'horreur des tourments qu'ils parlent, qu'ils

[m'accusent. »

De leur dernier espoir ces mots les désabusent, Chacun cherche une mort qu'il ne peut obtenir. On épargne leur vie afin de les punir. On les met hors d'état d'aucune résistance; Et leur parti par là demeurant sans défense. Les derniers qu'à l'instant Euchérius poursuit, N'espèrent qu'à la fuite où leur sort les réduit. Marcellin le seconde, et lui prête maiu forte; Et dans la nobleardeurqui tous deux les transporte, Rien ne peut dérober ces lâches révoltés Aux justes châtiments qui leur sont apprêtés.

STILICON

Ah! Puisqu'il reste à vaincre, accordez-moi la D'achever avec eux cette grande victoire, [gloire Je rougis que sans moi l'on vous ait secouru.

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