LE GALANT DOUBLÉ, ACTE 111, SCÈNE II
I). FCnNAND.
11 le cliagriiie?
GUZMAN
C'est qu'en mon cœurdcjà l'amoiir prenait racine, Et que, pour Béatrix ravi de n'en bouger, Si vous tournez casaque, il faut le déloger.
D. FERNAND
Donc, Béatrix te plait?
GUZMAN
Monsieur, par delà plaire.
Ce serait bien mon fait, si j'étais son affaire; El, commede tout temps les belles m'ont tenté. Je me hasarderais à l'incongruité.
Se charger d'une femme en est une assez haute.
D. FEHNAND.
Vraiment, je suisfàché d'un repos qu'elle t'ôte ; Mais crois-tu voir en elle assez pour l'engager?
GUZ.MAN.
J'y voisplusqu'ilne faut pourme faire enrager. La coquine a des yeux dont la mutinerie Passe le plus fripon de la friponnerie; Et les malins regards qu'elle m'a su darder, Navrant un pauvre cœur, prennent sans demander.
D. FERNAND
Avec toi pour l'hymen obtiens qu'elle s'engage.
GUZ.MAN.
J'y fais réflexion, trêve de mariage.
Galante commeelle est, qui que vous épousiez, Quand vous en seriez saoul, vous me l'emprunteriez; Mais je la vois venir, monsieur.
D. FERNAND
C'est Isabelle.
GUZMAN
Peste ! Encore une fois, que la friponne est belle! Mon cœur eu tombe presque en sullocalion.
D. FERNAND
C'est ici qu'il me faut pousser la passion.