‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 651 sur 1518 · SCÈNE I BÉATRLX, GUZMAN · texte numérisé non relu

SCÈNE I BÉATRLX, GUZMAN

IJÉ.VTRIX, puraissaiu ù lu porte d^hnhelle an même temps que Guzman se présente pour entrer,

Huzman vient seul ici? Qu'a-t-il fait de son maître?

GUZMAN

Je suis son lieutenant, ([uand il ne peut paraître.

Avec un grand parleur dans la rue arrêté.

Il trouve à le quitter quelque difficulté;

Et, s'il tarde un peu trop, craignant qu'on ne l'accu-

II m'envoie, en tout cas, en faire son excuse. [se,

Il saura trancher court; et peut-être, il me suit.

BÉATRIX

Enfin, on l'attendra plutôt jusqu'à la nuit.

Mais |)ourquoi n'entrer pas? Qui t'arrête à la porte?

GUZ.MAN.

J'en avais à mon gré i-aison valable et forte; Mais on ne saurait fuir ce qui doit arriver; Je craignais de te voir, et tu me viens trouver.

BÉATRIX

Quoi, pour te faire peur, suis-je assez effroyable?

GUZMAN

Non pas; niaisje te crains pourtant comme le diable, Et choisirais plutôt, s'il dépendait de moi. D'être tenté par lui, que de l'être par toi.

BÉATRIX

Ne t'épouvante point; si ton cœur en soupire, Tu t'accoutumeras.

GUZ.MAN.

II ne coule qu'à dire; Et, quoiqu'un pauvre cœursoit tout percédecoups, Pourvu qu'on s'accoutume, il doit être fort doux ; Mais en ni'accoutumant, commej'ai l'âme prompte, Quand je n'en pourrai plus, ce sera pour mon comp- Copcndant de ta part, loin de me soulager, [le. Tu t'accoutumeras à me faire enrager.

BÉATRIX

Tu crois donc qu'à me voir tou repos se hasarde?

GUZMAN

Je suis tout palpitant dès que je te regarde; ** lit de mes sens ravis en contemplation. Mes yeux seuls, prés de toi, gardent leur fonction ; l'eu s'en faut que mon cœur n'en soit paralytique. BÉATRIX. [que;

Pourrait-il craindre un mal que ta langue m'expli- Qui le connaît si bien n'est pas pour en mourir; El, si je t'ai blessé, je pourrai te guérir.

Si tu connais assez jusqu'où va ma blessure.

Tu n'entreprendras pas une légère cure;

Et je puis t'en promettre un honneur sans égal.

La rechute, dit-on, est pire que le mal ;

Mais à guérir le mien, s'il faut que tu consentes,

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