‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 863 sur 1518 · SCÈNE III LAODICE, AXIANE, PHRADATE, CLÉONE · texte numérisé non relu

SCÈNE III LAODICE, AXIANE, PHRADATE, CLÉONE

LAODICE

Que in'apprend-on, Phradate,et qu'ai-jeàredouter?

PHliADATE.

L'aveugle emportement que semble avoir fait naître Dans un grand peuple ému la perte de son maître ; Son désespoir éclate, et dans ses cris confus...

LAODICE

Hélas! Il est donc vrai que mon fils ne vit plus, Et qu'à mes vœux le ciel n'a paru favorable [ble. Que pour mieux redoubler le malheur qui m'acca- J'avais eu trop de joie, et tous mes sens saisis Goûtaient trop le triomphe oii j'attendais ce fils; Il faut que de sa mort sa gloire soit suivie.

PHHADATE.

C'est ce triomphe seul qui lui coûte la vie. Par votre ordre, madame, on a fait son pouvoir Pour le mettre eu état de l'aller recevoir. Le peuple, sous ses chefs en superbe équipage, Brûlait de s'acquitter de ce premier hommage, En sortant de la ville avec l'empressement Qu'inspire à des sujets un si grand changement. A peine avions-nous fait mille pas dans la plaine. Que nous voyous de loin briller l'aigle romaine. Qui vers nous, à pas lents, paraissant s'avancer, Donne à nos escadrons le temps de se placer. ' On s'arrête ; et tandis qu'on veut se rendre maître De l'ardeur qu'à le voir nos soldats font paraître, Ariarate arrive, et se livre en nos mains. Suivi d'.\quilius et d'un gros de Romains. D'une foi toute pure il a d'abord pour gages [ges; Nos pi us profonds respects, nos plus soumis homraa- II souffre avec plaisir qu'on le puisse approcher. Et nos devoirs rendus on commence à marcher : C'est là qu'entre deux chefs un intérêt de gloire Fait naître un difl'érend qu'on aura peine à croire. Tous deux prochedu prince, etie voulant garder. Disputent un honneur qu'aucun ne veut céder; Et dans l'aveugle ardeur de cette préférence, Tandis qu'avec Oronte Aquilius s'avance.

Tel est l'emportement qui soutient leurs desseins,! Qu'après quelque menace ilsenviennent aux mains.] D'un parti contre l'autre on voit la troupe émue, Malgré nous on se mêle, on se bat, on se tue; Quand d'un funeste coup jusqu'au prince échappé^ Dans ce fatal désordre il est d'abord frappé, Il tombe, et, sans avoir la force de rien dire, \ peine a-t-il poussé deux soupirs qu'il expire. Cette mort defraveur saisit les combattants, .

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