ACTE QUATRIEME
quand vous oubliez toute gratitude et tout respect... pour une intrigue de bal masqué... pour un amour banal... pour je ne sais quelle aventurière.
RENÉ
Je perdrais en effet tout respect et toute reconnaissance, monseigneur, si à celui qui traite ainsi cette femme, je ne répondais, quel que soit son nom, qu'il en a menti.
Il descend au milieu de la scène.
RICHELIEU pose son album sur le guéridon et so lève.
J'espère, monsieur, qu'en disant ce mot-là, vous avez mis de côté vos scrupules de tout à l'heure.
Oui, je défendrai son honneur, même contre vous, monseigneur.
RICHELIEU
C'est bien... ainsi vous êtes prêt?
RENÉ
Demain... où vous voudrez... à l'heure qu'il vous plaira.
RICHELIEU
Demain, non... je suis président du tribunal du point d'honneur, et je ne puis guère, en cette qualité, aller ferrailler en plein jour parles rues. Mais j'ai prévu dès longtemps ces occasions-là... J'ai fait accommoder dans mon jardin une terrasse fort convenable... Allez m'y attendre dans dix minutes...
RENÉ
Je vous obéis, monseigneur. Mais promettez-moi que d'ici là, vous respecterez cette chambre. '
Il montre à gauche la chambre où est Marie.
RICHELIEU
Eh 1 monsieur, voilà qui louche à la folie... sinon à l'impudence... au moment où vous allez vous battre pour une autre.
RENÉ
Vous ne voudriez pas, monseigneur, abuser de l'imprudence d'une enfant... La jeune fille qui est là ne vous aime pas... ne peut vous aimer.
MARIE, «'élançant sur le UièaUe.
Vous vous trompez, monsieur Kene'.
René pousse un cri... Richelieu fait un geste comme pour dire ; VOUS Voyez... et montre la porte à René, qui sort désespéré.