Première partie... Aimez-vous les omnibus, major
LE MAJOR
Ma foi, non !
HECTOR
Gomme moi... Et le macadam?
LE MAJOR
Pas davantage !
HECTOR
Toujours comme moi... Toutefois ces deux infirmités de la vie parisienne ont ce beau côte' qu'une femme ne peut traverser l'un ni monter dans l'autre, sans dévoiler en partie sa base... C'est ce qui m'engagea Tan passé à prendre un entresol sur le boulevard, en face une station d'omnibus.
LE MAJOR
Ah ! farceur !
Oui, major, je vous l'avoue... il y a dans cette région délicate de la jambe d'une femme... un je ne sais quoi qui me va directement à la fine pointe du cœur... C'est une sensualité, mais contenue dans de certaines bornes, je ne la crois point subversive de tout ordre social.
LE MAJOR
Non, parbleu !
HECTOR
Ah!... Eh bien, il y a trois mois... c'était une vraie
journée de printemps... il pleuvait depuis quarante-huit heures... Le macadam étalait tous ses charmes, et les omnibus triomphaient sur toutes les lignes... J'étais à ma fenêtre, bien entendu; tout à coup, dieux et déesses!... j'avise sur les degrés d'un ignoble marche-pied... donnant la main à un obscur conducteur... deux miniatures de l'empire céleste... ou plutôt deux cou-de-pieds d'ange espagnol! .. je lève les yeux... le visage était conforme... la fleur était digne de la plante !.. C'en était trop... un vertige me saisit... et paf ! je me précipite... dans mon escalier !
LE MAJOR
Bravo! voilà comme j'étais ! Je me rappelle .. un soir, à Postdam...
J'arrive sur le trottoir, comme un... parachute... je dévore d'un seul regard trente mètres d'asphalte... Plus
rien !... elle avait disparu ! OU plutôt (Baissant la voix sur un ton
confidentiel.) elle s était envolée... elle avait dû s'envoler avec ses deux petits pieds I
LE MAJOR
Ah diantre !
HECTOR
Alors !
Alors...
LE MAJOR
HECTOR
Fin de la première partie.
LE MAJOR
Jeune homme, vous m'intéressez inliniment... vous êtes très gai... vous me plaisez beaucoup... mais, jusqu'à présent, je ne vois pas du tout en quoi je puis vous être utile.