‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 258 sur 280 · Première partie... Aimez-vous les omnibus, major · texte numérisé non relu

Première partie... Aimez-vous les omnibus, major

LE MAJOR

Ma foi, non !

HECTOR

Gomme moi... Et le macadam?

LE MAJOR

Pas davantage !

HECTOR

Toujours comme moi... Toutefois ces deux infirmités de la vie parisienne ont ce beau côte' qu'une femme ne peut traverser l'un ni monter dans l'autre, sans dévoiler en partie sa base... C'est ce qui m'engagea Tan passé à prendre un entresol sur le boulevard, en face une station d'omnibus.

LE MAJOR

Ah ! farceur !

Oui, major, je vous l'avoue... il y a dans cette région délicate de la jambe d'une femme... un je ne sais quoi qui me va directement à la fine pointe du cœur... C'est une sensualité, mais contenue dans de certaines bornes, je ne la crois point subversive de tout ordre social.

LE MAJOR

Non, parbleu !

HECTOR

Ah!... Eh bien, il y a trois mois... c'était une vraie

journée de printemps... il pleuvait depuis quarante-huit heures... Le macadam étalait tous ses charmes, et les omnibus triomphaient sur toutes les lignes... J'étais à ma fenêtre, bien entendu; tout à coup, dieux et déesses!... j'avise sur les degrés d'un ignoble marche-pied... donnant la main à un obscur conducteur... deux miniatures de l'empire céleste... ou plutôt deux cou-de-pieds d'ange espagnol! .. je lève les yeux... le visage était conforme... la fleur était digne de la plante !.. C'en était trop... un vertige me saisit... et paf ! je me précipite... dans mon escalier !

LE MAJOR

Bravo! voilà comme j'étais ! Je me rappelle .. un soir, à Postdam...

J'arrive sur le trottoir, comme un... parachute... je dévore d'un seul regard trente mètres d'asphalte... Plus

rien !... elle avait disparu ! OU plutôt (Baissant la voix sur un ton

confidentiel.) elle s était envolée... elle avait dû s'envoler avec ses deux petits pieds I

LE MAJOR

Ah diantre !

HECTOR

Alors !

Alors...

LE MAJOR

HECTOR

Fin de la première partie.

LE MAJOR

Jeune homme, vous m'intéressez inliniment... vous êtes très gai... vous me plaisez beaucoup... mais, jusqu'à présent, je ne vois pas du tout en quoi je puis vous être utile.

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