‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 259 sur 280 · SCÈNE HUITIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE HUITIÈME

Un peu de patience. Deux mois et demi s'écoulent... Je reprends mon train de vie ordinaire... Je fréquente le Palais... je perds deux ou trois affaires... (insistant.) très importantes!... Distractions inutiles!... Les deux cou-de-pieds de mon inconnue étaient toujours là... sous mes yeux... dans ma robe... sortant avec moi, rentrant avec moi, dînant

avec moi... (il s'arrête tout à coup comme pr»H a dire une sottise, et ajoute discrètement :) Toujours !

LE MAJOR

Enfin!... Favez-vous retrouvée oui ou non, cette diablesse-là ?

HECTOR

Oui... et non!... Oui... car je l'ai retrouvée... Non... car ce n'est pas une diablesse... loin de là... Il y a aujourd'hui quinze jours, il y avait bal chez le bourgmestre*

LE MAJOR

Tiens! j'y étais !

HECTOR

J'y étais aussi... Nous y étions tous les deux... Mes mœurs dans un bal, major, sont des plus paisibles. Je suis de ceux qui se tiennent dans l'entre-deux des portes, se collant contre la muraille quand les plateaux passent... et attendant patiemment, le lorgnon dans l'œil, que ce peu de corsage que la mode laisse aux femmes... achève de tomber. J'étais donc à mon poste habituel... On valsait... (chantant l'air de la Folle.) Tra, la, la, la.

LE MAJOR

Quel est donc cet air ?

C'est bien cela? Quel est donc cet air?... Bref I on valsait... Je suivais d'un lorgnon distrait ce tourbillon qui

paraît >i***n£ ■#-.. ^sa&i scoiaxn ^aperçois, glissant dan* a i-:c d* îx» eî f-t I^aVlle*. co«»e deux petites

*:ixm hUiirrhes.-.

le n;-ii.

V« fe\fc* j.~i>? Bai?

Orné* .ir îrurs .;heT.H-r5 !... Major, on ne meurt pas de joie, je tous le répète...

LE MAJOR

Pardon... tous ne me Tariez pas encore dit.

BECTOI.

Se tou* Tarai s-je pas encore dit ?

LE MAJOR

Non.

HECTOR

Soit... Eh bien !... ,n hésite., Quest-ce que je vous disais donc?

Vous me disiez : On ne meurt pas de joie.

HECTOR

Ah! ah! vous voyez bien que je vous Tavais dit!... Je demeurai pendant dix minutes comme frappé de chloroforme, et je ne recouvrai l'usage de la parole qu'en voyant ma divine inconnue traverser le salon au bras d'une autre dame, comme pour faire sa retraite... Craignant de la perdre une seconde fois, je demandai avec empressement à mon voisin quelles étaient ces deux femmes... ou plutôt ces deux grâces... L'une, me répondit-il, est la femme, l'autre est la fille du brave major de Lisfeld.

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