‹ Theatre complet. -- (volume 3)Chapitre 141 sur 305 · SCÈNE DEUXIÈME 1G · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME 1G

ment... car les femmes, lu sais... [u se lèTe tout a coup.) Ah çà ! mais je me trouve bien bon, moi, de subir docilement ton ridicule interrogatoire!... Tu n'es pas venu de Paris, tu n*as pas fait vingt-cinq lieues, tu n'as pas tente' cette démarche extravagante uniquement pour me demander si je serais bien aise d'avoir des enfants, n'est-ce pas?

Eh bien ! au nom du ciel! qu'est-ce que lu veux ? qu'est-ce que lu desires? Explique-loi.

Mon ami, puisque, ta femme et toi, vous regrettez de' n'avoir pas d'enfants, je viens vous en offrir un, moi, — une fillette ravissante, toute venue, un ange qui tombera du ciel dm- vos bras.

LE COMTE

Qu'est-ce que c'est que cette plaisanterie-la?

RAOUL

Je suis aussi loin que possible de plaisanter... Permetsmoi, Archibald, de te rappeler une assez triste histoire...

LE COMTE

Si c'est la tienne, mon ami, c'est bien inutile... Je la connais surabondamment.

RAOUL

N'importe S... Laisse-moi enchaîner les choses... Ta bellemère avait, il y a une vingtaine d'années, une sœur beaucoup plus jeune qu'elle, à qui elle servait de mère. Pour s'en débarrasser le plus tôt possible, elle la maria au premier venu, et ce premier venu était le vicomte de Thémines... que je n'ai pas à qualifier autrement.

LE COMTE

Mon Dieu, The'mines était un animal, je te l'accorde.

RAOUL

Madame de The'mines, fort malheureuse avec son mari, se lança, pour s'étourdir, dans le tourbillon le plus em-

porté du monde parisien. Je l"y rencontrai, je l'aimai. Apres quelques mois, compromise, menace'e, elle désira partir. Nous partîmes, laissanl dans Paris, el surtout dans

la famille de ta belle-mère, une sensation qui peut-être n*es( pas encore tout à fait oubli

LE COMTE

Je t'en réponds '■

Je L'emmenai en Italie, après avoir assigné un rendezvous à Thémines, qui négligea d'en profiter.

LE COMTE

Un animal !

RAOUL

La première ivresse passée, la pauvre femme, malgré tous les soins, tous les de'vouements dont je m'efforçais de payer son sacrifice...

LE COMTE

! sais que tu Les conduit en calant homme.

RAOUL

... Malgré tuuf, cependant, écrase'e sous le sentiment de la réprobation du inonde, elle essaya «le retrouver, aux sources pures de sa vie, de sa jeunesse, un peu de consolation el de paix. Llle écrivit lettres sur lettres, tantôt à sa sœur, — ta belle-mère depuis, — tantôt à sa nièce. - m amie d'enfance, — aujourd'hui ta femme, — implorant angoisse un mot de pardon, d'affection, de charité, qui ne vint jamais.

LE COMTE

Mon ami, tu connaissais ma belle-mère... Elle était fort rigide... Une sainte femme.

BAOUL.

Une sainte femme, soit. — Sa jeune sœur mourut déses-

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