SCÈNE DEUXIEME
pérée après trois ans d'une vie dont je partageai les amer- , et qui eût dû me corriger à jamais de mon humeur galante; mais avec l'âge on se corrige quelquefois de ses vertus, rarement de ses vices... Enfin je restai seul avec une petite tille, née de toutes ces douleurs, et qui fleurit sur cette tombe.
LE COMTE
J'ai su que tu avais une fille, oui.
RAOUL
Tant qu'elle a e'te' un enfant, je n*ai vu aucun inconvénient à la garder près de moi. Je m'en suis même fait un grand plaisir, car je l'adore... Quand elle a grandi, j'ai cru devoir la mettre dans un couvent, où elle est encore, mais où elle ne peut rester éternellement. Elle va avoir quinze ans ; il est temps de penser à son avenir. La reprendre chez moi, quand elle porte légalement le nom d'un autre, c'est rappejer avec éclat le malheur de sa situation; c'est e'carter tous les épouseurs, du moins les plus dignes, qui hésiteraient probablement à venir chercher une femme sous un toit aussi peu vénérable que le mien, et à recevoir des mains de Raoul de Morière la main de mademoiselle de Thémines... (Avec une émotion contenue.) Bref, il y a là pour moi un très pénible embarras.
LE COMTE
Dame, sans doute!... Voilà, mon ami, voilà!... (Jue diable veux-tu! Certainement, nous autres qui avons suivi la voie e'troite, qui, jeunes encore, avons enferme' notre vie dans le cercb' régulier des bienséances sociales... certainement nous avons des plaisirs simples, sévères... insupportables quelquefois...; mais, au moins nous sommes tranquilles... Toi, tu as choisi la grande vie excentrique, aventureuse, à la don Juan. Tu as eu des joies délirantes... car je suis sûr que tu as eu des joies dont je n'ai pas même l'idée... Eli bien! bravo! tant mieux!... Mais, au bout de tout cela, quoi? La liquidation... et des désagréments!
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170 l.l ENCE
I;a OUL«
Tu appelles cela un désagrément, toi!... Enfin tu me vois . Dans mon anxi me suis rappelé que ma fille
avait d'autres parents que moi,— sa famille maternelle. Ta belle-mère eûl aciliableje L'ai compris; mais elle
n'est plus... Qui vous empêcherait maintenant, ta femme et toi, de vous montrer généreux ueillir mademoiselle
de Thémines, qui est. après tout, votre cousine germaine, de lui donner dans votre maison un asile honorable qui ht réhabiliterait à demi aux yeux du monde, et où, quelque jour un honnête homme viendrait vous la demander? La pauvre enfant serait sauvée. Elle est charmante et vous ferait honneur. Pour moi, vous me rendriez un servi me loucherait jusqu'à Famé.
LE COMTE
Ainsi... voilà l'objet de ta démarche?
RAOUL
Oui, mon ami.
LE COMTE, se levant.
Eh Lien! mon ami, écoute. Je sui> enchanté de t'avoii vu, mais, franchement, tu aurais pu t'épargner ce
RAOUL
Tu me refuses?
LE COM
Ifoi, non! et, pour ma part, je serais tout dispos souvenir de notre vieille amitié, à accepter la combinaison... : mais tu in* peux pas exiger que je l'impose violemment â ma femme, n'est-ce ;
RAOUL
liais si ta femme l'aci eptait de son côté?
LE COM éclat
Ma femm il Ah çà! mais, mon pauvre garç< o, c'est de ut, je t'assure I Voyons, comment peux-tu i