‹ Theatre complet. -- (volume 3)Chapitre 206 sur 305 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

SERTORIUS

Bah! dit-il cela, ce Carnioli?... C'est une espèce de fou, d'enragé... et qui pis est... un homme sans mœurs... Toutefois, il se connaît à la musique, on ne peut le nier; c'est même un fin connaisseur. Mais moi, le plus fort violoncelliste! oh non! il faut qu'il n'ait pas entendu Batta!... Il ne m'a entendu moi-même qu'à travers les branches, dans le cours de mes leçons... Ah parbleu ! je serais curieux de savoir ce qu'il dirait si je lui jouais mon chant du Calvaire?

MARTHE

Il n'y survivrait pas!... Mais quand l'entendrai-je donc, moi, ce fameux chant du Calvaire'?...

SERTORIU-.

Le soir de ton mariage, mon enfant, comme je te l'ai promis... Ah! ce sera un beau moment, petite !... Ou je me trompe fort, ou lu verseras bien des larmes.

MARTHE, s'éloigqant, avec une nuance île tri-t<

Et si je ne me marie pas, je ne l'entendrai pas?

SERTORIUS, se levant.

Comment! si tu ne te maries pas? Pourquoi ne te marierais-tu pas? que temanque-t-ildonc? D'abord, tu es jolie...

MARTHE

Oh! mon père!...

SERTORIUS*

Oui, lu es certainement jolie, quoiqu'un peu grave pour une jeune fille... Quant aux qualités morales, tu apporteras au foyer de ton époux, j'en puis répondre, tout le trésor des saintes vertus domestiques... Joins à ces considérations mes trois cents écus de rente, puis le revenu annuel de mes leçons, puis enfin cette maisonnette que je compte abandonner à ton jeune ménage...

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