SCÈNE QUATRIÈME m
rence il y a trois ans, nous étions grands amis, n'est-il pas vrai?... Camarades d'enfance et de jeunesse, habitués à une intimité de chaque jour pleine de confiance et d'abandon?... Je reviens, je vous retrouve mariée... C'est un changement terrible... (sTnciinant ) pour moi! — et il esl naturel qu'en votre présence — sur un terrain si nouveau, je me trouve. (D'une voix altérée.) Comment dirai-je?... Dépaysé !
JEANNE, un peu ironique.
Oui... eh! bien, c'est précisément cet embarras, très compréhensible, que je désire faire cesser. — C'est bien facile si vous le voulez... Vous étiez autrefois mon ami, disiez-vous... Restez-le.
GASTON
Oh! de très grand cœur, je vous assure.
Oui, mais comprenez-moi bien... Je ne vois pas en effet qu'une amitié qui était permise à une jeune fille doive être interdite à une femme. Je suis donc toute disposée à renouveler celle qui nous liait autrefois; elle me serait aujourd'hui encore très douce, très utile même, je crois, mais à une condition expresse : c'est qu'elle me laisserait une absolue confiance, quelle se tiendrait religieusement dans ses limites... Qu'elle serait enfin très sincèrement de l'amitié et rien de plus. Je veux bien oublier quelques mots de galanterie ridicule qui vous ont échappé ces jours-ci, mais je n'en veux plus entendre... Voyez si cela vous convient, et répondez-moi en homme d'honneur.
GASTON, d'un ton grave et pénétré.
J'obéirai.
Mais... — j'y compte tout à fait.
372 LACROBATF.
GASTON
Vous le pouvez.