SCÈNE XVI
LOUISE, |.uw PIGOIS.
LOVI5E, seule.
Ah ! Dieu merci ! je suis rassurée... car c'était ma terreur!... Eh bien! il n'est pas si méchant qu'on le fait, ce
marquis... C'est sa sœur, je m'en doutais, c'esl sa sœur qui
esi son mauvais génie, et mes sentiments ne me trompaient pas en s'adressant à elle plutôt qu'à lui ! (Entre Pigob.) Eh bien ! quoi ?
PIGOIS '.
Eh bien ! ça s'arrange-t-il ?
Il pren-l la ehaise >lu marquis et la replace près -lu ]>ureau «le Geor^«. LOUISE.
Tu sauras cela bientôt.
PIGOIS.
Moi, j'avais L'idée que ça s'arrangerait.
LOUISE
Pourquoi donc?
PIGOIS.
Dame ! votre frère esl si mystérieux depuis quelque temps.
LOUISE, inquiète.
Myste'rieux... comment ?...
PIGOIS.
Lui qui n'est pas flâneur d'habitude, je le vois le soir pere^riner le lon^ des bois... à l'heure où la demoiselle de là-bas passe sur la lisière.
* Louise, l'igois.
38 LA BELLE Al l\o\< DORMANT
LOUISE, vivement.
Tu l'as vu lui parler ?
PIGOIS.
Oh ! non... il la salue... et il se promène... comme ça en se promenant...
LOUISE, à part.
Quelle pensée ! souriant.) Oh ! c'est une folie !
PIGOIS.
Après ça... un dit que c'est une brave fille...
LOUISE
Tue brave fille... qui a ruiné son frère...
PIGOIS.
Moi, j'aime autant que ça ne s'arrange pas... Dites-moi, mademoiselle, il parait qu'ils sont tous déchaînés aujourd'hui... C'est le tour des Penmarch maintenant... ils sont là tous deux, le père et le fils, qui vous demandent...
LOUISE
Les Penmarch!... Comment?... et tu ne me dis pas?... Qu'on les fasse entrer de suite...
PIGOIS.
Oh ! quand ils attendraient un peu... des orgueilleux !...
Il sort.
LOUISE) seule, et passant à droite.
Les Penmarch !... C'est aussi la première fois, en effet, qu'ils daignent...
PIERRE, annonçant.
Monsieur le comte et monsieur le vicomte de Penmarch !