ACTE DEUXIÈME
bal masqué chez ce sculpteur... où tu mourais d'envie d'aller?
Oui.
M A DRI CE.
Oui, et je lai priée Je t'en abstenir... Eh bien, c'était Chamillac qui était venu me trouver confidentiellement i i me dire : « Ne laissez donc pas aller votre sœur à ce bal... Ce n'est pas sa place !... »> Et il y laissait parfaitement aller ma tante !
JEANNE
Parce qu'il la sait moins étourdie que moi.
MAURICE
11 y a encore une chose... que je pourrais le dire !
Dis... dis... ça m'intéresse I
MAURICE
Tu te rappelles ce joli cheval alezan dont tu raffolais...
vait ton:
Et qu'il m'a refusé ensuite, ce monsieur... je l'ai
regretté !
MAURICE
Eh bien, voici ce qui s'était passé : un jour, Chamillac, au cercle, dit brusquement à Liépart : « Mon cher baron, vous savez mieux que personne que votre cheval est très vicieux, très dangereux... ce n'est pas un cheval de femme... j'espère que vous ne persisterez pas à le vendre à madame de Tryas. » L'autre se cabra, bien entendu, et dit qu'il le vendrait si ça lui plaisait. « En ce cas, reprit tranquillement Chamillac, je dois vous avertir que madame de Tryas sera prévenue du caractère du cheval. — Et qui donc lu
360 C11AMILLAC
préviendra? dit Liépart. — Ça sera moi, dit Chamillac, toujours très tranquillement... Lie'part n'est pas un poltron... il a fait ses preuves... mais il paraît qu'il n'était pas en voix ce jour-là. Bref, c'est alors qu'il a pris je ne sais quel prétexte pour te refuser le cheval... Eh bien, est-ce naturel, tout ça?... Est-ce naturel que cet homme se fasse comme cela ta Providence?
Je crois qu'il a servi autrefois sous mon père en Afrique... C'est probablement l'explication... nous étions alors en France tous deux... toi au lycée, moi au couvent... de sorte que nous ne l'avons pas connu...
MAURICE
Moi, je crois qu'il t'adore, simplement ! J E À n n E .
11 s'y prendrait un peu tard franchement!... Trois semaines avant mon mariage!... Allons! grand enfant! assez de sottises ! Va à ton cercle... et moi je vais m'habiller !
MAURICE
Dommage ! Il m'aurait autrement convenu que l'autre, comme beau-frère.
JEANNE
Trop tard, jeune homme !
MAURICE
Certainement, je ne voudrais pas te décourager de Robert...
JEANNE, sérieuse.
Tu aurais de la peine, mon ami... Robert a quelques travers comme tout le monde... mais je le connais depuis notre enfance, et je ne connais pas de plus galant homme.
MAURICE
Calant homme, tant que lu voudras... ça n'empêche