SCENE IX
CHAMILLAC, MAURICE.
CHAMILLAC.
Qu'est-ce que c'est que cette histoire, cher monsieur ?
Maurice va à la porte de droite, l'ouvre et après s'être assuré que Jeanne ne revient plus.
MAURICE
Chamillae, je n'avais pu rentrer chez moi de la journe'e... Je viens d'y passer... et j'y ai trouve' une lettre du secrétaire du cercle datée d'hier soir... Elle m'avertit que si je ne vous ai pas payés, Liépart et vous, demain, avant midi, je serai affiché au cercle... Ah çà ! ce n'est pas sérieux, j'espère?
\CTK DEUXIÈME cil \ MILLAC, froMemeBt
Pourquoi donc, cher monsieur? c'est Um\ ce qu'il y a
de plus sérieux, au contraire !
M a u it i < : ?. .
Comment! mais vous m'aviez formellement fait espe'rer ma revanche... ou toul au moins un délai !
CHAMILLAC.
C'est possible... Mais la situation es! changée... vous avez joue' depuis avec Liépart, et vous avez perdu... Vous allez un peu vite franchement... vous me devez quarante mille francs et vous en devez trente mille à Liépart... Vous offrir vol ii- revanche pour vous donner la chance de payer Liépart avec mon argent, non!... et, quant à un délai, c'était bon quand j'étais seul en cause... Mais Liépart voulant être absolument payé tout de suite, je ne vois pas pourquoi il le serait, et moi pas. Voilà ce qui fait que je me suis joint à lui dans cette affaire.
MAURICE
M'aflicher ! — Mais c'est me perdre !... et où voulez-vous que je trouve soixante-dix mille francs d'ici à demain midi ?
CHAMILLAC.
Ça, ça ne me regarde pas... Mais nous nous sommes dit, Liépart et moi, que votre famille ne vous laisserait pas afficher au cercle et disqualifier, comme on dit, pour si peu.
MAURICE
Ma famille ! Ma famille me renverrait à mon père... et mon père ne me payera jamais une dette de jeu !
CHAMILLAC
S'il préfère voir son nom compromis, et votre carrière brisée, libre à lui !
iv. 22.
390 f.HAMILLAC
MAURICE, violemment.
Ah! monsieur de Chamillac... ne me poussez pas! Prenez garde !
CHAMILLAC, froidement.
Prenez garde vous-même, monsieur. Vous êtes militaire et vous devez savoir mieux que personne que les dettes de jeu ne se payent pas... à coups d'e'pée : ce serait trop commode. Quand vous m'aurez paye', tout ce que vous voudrez. Jusque-là, j'ai l'honneur de vous saluer !
Il sort par le fon«l.