SCENE VI Les Mêmes, MAURICE
MAURICE
Mon père !
LE GÉNÉRAL
Ah! mon pauvre enfant... tu arrives là dans un moment...
MAURICE
Ah!... ne me dites rien! J'en ;ii assez entendu pour comprendre. Il n'y a ici, mon père, d'autre coupable que moi! Si Jeanne est allée chez M. de Chamillae, c'était pour moi.
Pour toi *?
M \URICE.
Pour me sauver du de'shonneur, du de'sespoir... voilà la vérité !
iv. 24.
426 CHAMILLAC
LE GÉNÉRAL
Déshonneur !... désespoir !
MAURICE
Mon père, — j'ai joué... j'ai perdu... j'ai perdu une somme considérable que je ne pouvais payer, aujourd'hui même, je devais être affiché au cercle... c'était votre nom souillé... c'était ma carrière brisée, et vous arriviez ce matin I... ma tête s'égarait... C'est alors que ma sœur, comme une généreuse folle qu'elle est, a couru chez II. de Chamillac pour lui demander de ne pas me laisser sous le coup de cette mesure infamant'-.
LE GÉNÉRAL, durement.
Pour lui demander votre jltû ce, misérable ?... et vous l'avez souffert !
JEANNE, vivement.
Il l'ignorait, mon père... je vous jure qu'il l'ignorait !
LE GÉNÉRAL, après une pause.
Mon fils, je vous parlerai... (a Robert.) Et vous, monsieur, que dites-vous ?
ROBERT, confus.
Vous parliez «le grâce, mon général... Permettez-moi de demander, d'implorer la mienne !
Il regarde Jeanne qui ne répond point.
JEANNE
C'est LTâce cà vous, monsieur, que mon père, pour la premier'? fois de ma vie, a douté de moi. qu'il a presque levé la main sur son fils... Je ne vous pardonnerai jamais !
ROBERT la salue profondément, puis s'inelinant devant le général.
Adieu, mon général !
Il salue et sort.