‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 121 sur 209 · ACTE II, SCKNE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCKNE IX

FERGAN

Ahl Ah! Vous en étiez déjà là!...

IRÈNE

Dans les premières années du xix« siècle, dans un temps qui valait bien le nôtre, c'était cela qui était la loi conjugale. Je ne rêve donc pas des choses monstrueuses, incompatibles avec Tordre social !... Haïr désespérément son conjoint, le haïr aujourd'hui plus qu'hier, demain encore plus qu'aujourd'hui, c'était une cause accueillie de divorce. Ma parole, cela aurait dû rester la raison suprême. Je n'en vois pas qui vaille celle-là !...

FERGAN. dédaigneusement.

La loi nouvelle n'a seulement pas admis le divorce par consentement mutuel!...

IRÈNE

Eh ! quand un mari et une femme sont capables de s'entendre sur le divorce, ils en auraient déjà moins besoin!... C'est pour ceux qui sont incapables de tout accord, même de celui-là, que le divorce aurait dû être inventé !...

FERGAN

Prenez-en votre parti : tous les moyens vous sont fermés.

IRÈNE

J'en trouverai un.

Aucun!... Je ne vous inflige ni sévices ni injures graves. Je ne suis pas adultère. Je n'ai pas encouru, que je sache, de condamnation infamante. En dehors de ces trois cas, et contre le mari que je suis, vous ne pouvez rien demander aux tribunaux.

IRÈNE

Je puis faire, et tant faire, que ce soit vous, alors, qui leur demandiez de vous débarrasser de moi!

FERGAN

Nullement.

IRÈNE

Pourtant, si je vous crée je ne sais quelle situation impossible?

FERGAN

Vous ne triompherez pas de mon caractère.

IRÈNE

Nous verrons bien !

FERGAN

Quelque grief que vous me donniez, je n'y répondrais qu'en vous bridant plus étroitement.

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