CT1S I, SCÈNE III
Par qui ?
HENRIETTE
LAURE
Par quelqu'un qui fait ce métier-là, et dont j'avais lu le prospectus.
HENRIETTE
C'est du propre 1
Qui ça? Les gens qui suivent? ou les gens que l'on est réduit à faire suivre?
HENRIETTE
Tu ne peux pas t'en rapporter à des attestations de cette sorte !
LAURE
Apres quelque délai, j'ai été informée de l'endroit où mon mari se réunissait avec sa maîtresse... A deux pas d'ici : le petit appartement d'un ami qui est presque toujours en voyage, et qui aura laissé sa clef à M. de Raguais, par confiance ou par obligeance. J'ai connu les jours de rendez-vous qui sont immuables, dans la semaine, comme les jours d'Opéra. {Elle regarde l'heure.) Ticus, à cette heure-ci, ils y seront demain, comme ils y étaient hierl... Oui, hier, j'ai contrôlé le renseignement. Je suis allée m'embusquer dans un liacre, à quelques numéros au delà de leur porte.
LA LOI DE L HOMiME
Voilée, cachée, misérablement, par le petit carreau du fond de la voiture, j'ai vu M. de Raguais arriver... L'autre aussi!... Le temps qu'ils ont passé ensemble, minute par minute, je l'ai senti durer... J'avais froid... froid... depuis le bout des doigts jusqu'au cœur, comme lorsqu'un poison vous tue.
HENRIETTE
Ma pauvre Laure !
Lorsque M™^' d'Orcieu reparut... le croirais-tu? je n'ai songé qu'à fuir... J'ai eu peur, tout d'un coup, d'apercevoir la figure de mon mari, à son tour, sortant de là.
HENRIETTE
Qu'es-tu devenue?
LAURE
Je suis rentrée... Je me suis remise... H y a tout de môme une force salutaire à savoir que l'on sait ce que l'on sait.
HENRIETTE
Tu as dîné, après cela, avec ton mari?
LAURE
Non , il m'avait prévenue qu'il dînerait au club. . . Ce matin, j'ai allégué une migraine qui me relé-