SCENE PREMIERE
RÉGINE, LIGUEIL, puis UN DOMESTIQUE. Au
moment où la toile se lève, Régine, devant son chevalet^ est en train de peindre le portrait du comte de Ligueil. Régine est en déshabillé du matin.
Si VOUS êtes fatigué, reposez-vous un instant.
LIGUEIL, se levant.
Me permettez-vous enfin d'aller me contempler?
RÉGINE
Mon Dieu, oui, puisque vous avez la politesse d'en avoir tant envie; mais j'aurais mieux aimé
que votre première impression ne portât que sur un travail fini.
LIGUEIL, étant allé voir le portrait.
Oh ! c'est très bien ! c'est parfait !
RÉGINE, joyeuse.
Vraiment ! vous vous trouvez ressemblant? Vous êtes content?
LIGUEIL, considérant alternativement son if nage, dans le portrait et dans un face-à-main.
Etes-vous certaine que j'aie le nez tout à fait aussi fort?
RÉGINE, comparant à son tour les deux nez.
Heu ! heu ! j'arrangerai cela d'un rien»
LIGUEIL, de même.
C'est très bien, très bien... Ah! la bouche est peut-être une petite idée trop grande!...
RÉGINE, attristée.
Vous voyez, cela vous paraît mal?
LIGUEIL, de même.
Je vous répète que c'est très réussi ! Regardezmoi les yeux, Régine, {ii se tourne vers elle.) Ne vous semble-t-il pas que je les aie un peu plus ouverts, un peu moins durs? Je ne prétends pas avoir de