‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 44 sur 209 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

RÉGINE, LIGUEIL, puis UN DOMESTIQUE. Au

moment où la toile se lève, Régine, devant son chevalet^ est en train de peindre le portrait du comte de Ligueil. Régine est en déshabillé du matin.

Si VOUS êtes fatigué, reposez-vous un instant.

LIGUEIL, se levant.

Me permettez-vous enfin d'aller me contempler?

RÉGINE

Mon Dieu, oui, puisque vous avez la politesse d'en avoir tant envie; mais j'aurais mieux aimé

que votre première impression ne portât que sur un travail fini.

LIGUEIL, étant allé voir le portrait.

Oh ! c'est très bien ! c'est parfait !

RÉGINE, joyeuse.

Vraiment ! vous vous trouvez ressemblant? Vous êtes content?

LIGUEIL, considérant alternativement son if nage, dans le portrait et dans un face-à-main.

Etes-vous certaine que j'aie le nez tout à fait aussi fort?

RÉGINE, comparant à son tour les deux nez.

Heu ! heu ! j'arrangerai cela d'un rien»

LIGUEIL, de même.

C'est très bien, très bien... Ah! la bouche est peut-être une petite idée trop grande!...

RÉGINE, attristée.

Vous voyez, cela vous paraît mal?

LIGUEIL, de même.

Je vous répète que c'est très réussi ! Regardezmoi les yeux, Régine, {ii se tourne vers elle.) Ne vous semble-t-il pas que je les aie un peu plus ouverts, un peu moins durs? Je ne prétends pas avoir de

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