‹ Théâtre completChapitre 123 sur 193 · SCENE 17/ J.\RJAYiiS, SULIlAU · texte numérisé non relu

SCENE 17/ J.\RJAYiiS, SULIlAU

JARJAYES, allant au-deranl de Suleau qui entre par la porte de l'antichambre.

Mon brave Suleau!... Vous avez pu faire, une fois de plus, la navette entre la ville et le château... Nous ne sommes donc pas investis?

SULEAU

Non. Pas encore. D'ailleurs, j'ai une passe en règle, signée de deux ofliciers municipaux et du procureur-syndic. On m'avait indiqué que je rencontrerais ici M. Kœderer...

JARJAYES

Il va sans doute revenir... Qu'avez-vous à lui communiquer?

SULEAU

Ma confiance dans le résultat de la lutte...

JARJAYES, avec découragement.

Oh!

SULEAU

J'arrive du Pont-Neuf, qui serait le point de jonction nécessaire aux insurgés pour qu'ils se portent en une seule masse contre les Tuileries. Eh bien! au Pont-Neuf, j'affirme que nos canons, nos troupes, sont inexpugnables! Les bandes de la rive gauche vont être, là, dans l'impossibilité de franchir la Seine... De sorte que la garnison des Tuileries n'aura que l'insurrection de la rive droite à mitrailler et à détruire, c'est-à-dire une demi-émeute, décontenancée déjà par cette suppression de la moitié de ses partisans !

JARJAYES

Vous arrangez bien facilement les choses!... Moi, je les aperçois tout en noir! Je m'attends à revoir bientôt, dans ces salies, la horde du 20 juin dernier. Seulement, à cette date, elle n'a voulu que faire peur. Cette fois, elle va vouloir faire mal. Ce ne sera plus ce simple défilé, sordide et mesuré, que, parmi les imprécations et les étendards, accompagnait M'^® Théroigne de Méricourt !

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