‹ Théâtre completChapitre 57 sur 193 · ACTE I, SCÈKIi XV lit · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈKIi XV lit

lie son front, au reprocho iliastL' et jaloux de ses yeux .'

STANGY.

Pendant que vous imaginiez tout cela, chère luuie, vous oubliiez ce que j'endurais, moi (jui, au sortir d'ici, restais souvent un quart de la nuit à rôder furieusement sous vos fenêtres!... Mais vous venez de me faire trop de bien. Je ne suis plus à plaindre. Je ne récriminerai pas contre vos scrupules, quoiqu'ils aient été excessifs, convenez-en, maintenant que nous en avons triomphé ?

SABIXK.

Vous ne doutez plus de mon désir de porter votre nom. Vous pouvez à présent concevoir quoi rôle bienfaisant, quel personnage inespéré vous jouez dans ma vie qui n'a pas eu sa part de bonheur, et qui, sans vous, est appelée à finir sombre et muette, recelant tout son besoin d'amour... Mais si je vous ai avoué combien vous m'êtes cher, il ne m'appartenait pas d'ajouter que je me sentisse aujourd'hui plus libérée qu'hier.

STANGY.

A [trésunt (jue je me sais aimé, vuus admettriez de m'ajourner encore !

S.\BI.\E

Je vou-j ai livré tout mon secret, pour que vous collaburiez à ma tâche. Keconnaissez que j ai le

devoir de ne pas nuire à l'établissement de Marie-Jeanne. Elle est actuellement fille unique. C'est là un bien que le sort m'a fait lui constituer, en quelque sorte, depuis sa naissance. Si je l'en dépouillais, quel acte accomplirais-je à son égard?.,. Elle ne possède rien, du chef de son père. Elle a tout à revenir de moi. Son avenir est précis, fixé, classé. 11 est ici, en portefeuille. Notre notaire peut annoncer ce qu'elle aura plus tard... Mais, d'après la façon dont on compte dans la société, une fois la mère remariée, devant la perspective des survenances d'enfants, la valeur de la fille est tout de suite rabaissée de moitié, des deux tiers, des trois quarts...

STANGY.

Ma fortune est bien supérieure à celle qu'il y a de votre côté. Si vous me donnez un enfant, plusieurs enfants, ils devront s'en contenter. Je ferai en sorte que l'héritage de votre fille ne soit pas diminué.

SABINE

Je sais qu'entre gens loyaux comme nous, tout peut s'arranger en faveur de la justice, même contre la loi. Et si Marie-Jeanne était mariée, je suis persuadée qu'en mettant, ce soir, ma main dans la vôtre, je n'exposerais celui qui l'aurait épousée à aucune duperie, par la suite. Mais nous n'en sommes pa* là ! Ma fille n'est encore qu'un parti de demain, d'après-demain...

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