ACTE n ,' éCtM U. îff
Fuit , et ne daigne pas peut-être s'infornaer iafiysi ,9lr-.hï Si César est aimable, ou bien s'il sait aimer! ^nîinHnd luQ Dis-moi , Britannicus Paime-t-il ?
NARCISSE. '
Quoi! s'il l'siiiîiëV^"^' ^^ Seigneur? vîmo so.î
' NÉRON
Si jeune encor, se connaît-il lui-même?
D'un regard enchanteur connait-il le poison?
NARCISSE
Seigneur, l'amour toujours n'attend pas la raison. ■-•
N'en doutez point , il l'aime. Instruits par tant de charmes Ses yeux sont déjà faits à l'usage des larmes ; ses moindres désirs il sait s'accommoder -, Et peut-être déjà sait-il persuader. ^n'-Ji «fOi
NÉROS. ^IXJSiq £'j^
Que dis-tu? Stir âoH feœur il aurait quelque empire.'
N.VRCISSE.
Je ne sais. Mais , seigneur, ce que je puis vous dire ,
Je l'ai vu quelquefois s'arracher de ces lieux ,
Le cœur plein d'un courroux qu'il cachait à vos yeux , î'
D'une cour qui le fuit pleurant l'ingratitude ,
Las de votre grandeur et de sa servitude ,
Entre l'impatience et la crainte flottant :
11 allait voir Junie, et revenait content.
NÉRON
D'autant plus malheureux qu'il aura su lui plaire,
Narcisse , il doit plutôt souhaiter sa colère : ^"''"^ ^'^''•'- •> ■'
Néron impunément ne sera pas jaloux. ' '
NARCISSE
Vous ? Et de quoi , seigneur, vous inquiétez- vous ?
Junie a pu le plaindre et partager ses peines;
Elle n'a vu couler de larmes que les siennes :
Mais aujourd'hui , seigneur, que ses yeux dessillés ,
Regardant de plus près l'éclat dont vous brillez ,
Verront autour de vous les rois sans diadème ,
Inconnus dans la foule , et son amant lui-même , '. -
Attachés sur vos yeux , s'honorer d'un regard
Que vous aurez sur eux fait tomber au hasard ;
Quand elle vous verra , de ce degré de gloire ,
Venir en soupirant avouer sa victoire -,
228 BRITANNICUS
Maître , n'en doutez point , d'un cœur déjà charmé Commandez qu'on vous aime , et vous serez aimé .
NÉRON
A combien de chagrins U faut que je m'apprête ; Que d'importunités!
NARCISSE
Quoi donc ! qui vous arrête, Seigneur ?
NÉRON
Tout : Octavie , Agrippine , Burrhus , Sénèque , Rome entière , et trois ans de vertus. Non que pour Octavie un reste de tendresse M'attache à son hymen et plaigne sa jeunesse : Mes yeux , depuis longtemps fatigués de ses soins , Rarement de ses pleurs daignent être témoins. Trop heureux si bientôt la faveur d'un divorce Me soulageait d'un joug qu'on m'imposa par force ! Le ciel même en secret semble la condamner : Ses voeux depuis quatre ans ont beau l'importuner, Les dieux ne montrent point que sa vertu les touche D'aucun gage , Narcisse , ils n'honorent sa couch ; L'empire vainement demande un héritier.
NARCISSE
Que tardez-vous , seigneur, àla répudier? ..."-m .. .■.j.-.^.j
L'empire , votre cœur, tout condamne Octavie. ■ Auguste, votre aïeul, soupirait pour Livie : ""-''':' • "oa ,no7 Par un double divorce ils s'unirent tous deux ; '"''* '"^'^ ^
Et vous devez l'empire à ce divorce heureux. " ""'■^
Tibère , que l'hymen plaça dans sa famille , ^
Osa bien à ses yeux répudier sa fille. •■ .*---•« .^^.d
Vous seul , jusques ici contraire à vos désîrt,^^"^*'^ esra ah finslte II N'osez par un divorce assurer vos plaisirsl^ iyl-ôhoq ; Rneàna-) x''
NÉRON. j.^^^ gj j^
Et ne connais-tu pas l'implacable Agrippine ?
Mon amour inquiet déjà se l'imagine ^nd ,-îma^i:^(
Qui m'amène Octavie , et d'un œil enflammé
Atteste les saints droits d'un nœud qu'elle a formé ,
Et , portant à mon cœur des atteintes plus rudes ,
Me fait un long récit de mes ingratitudes.
De quel front soutenir ce fâcheux entretien ?
NARCISSE
N'étes-vous pas , seigneur, votre maître et le sien ?